Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada (ESUTC)

Sommaire des résultats annuels de 2012

Introduction

L'Enquête de surveillance de l'usage du tabac au Canada (ESUTC), menée par Statistique Canada pour le compte de Santé Canada, a été réalisée pour la première fois en 1999. L'ESUTC a été élaborée pour fournir à Santé Canada et à ses partenaires des données à jour, fiables et continues sur l'usage du tabac et les questions connexes. Elle a comme premier objectif de suivre les changements liés à l'usage du tabac et au nombre de cigarettes fumées, surtout chez les 15 à 24 ans, qui sont les plus susceptibles de commencer à fumer. L'ESUTC est une enquête annuelle réalisée auprès d'environ 20 000 Canadiens âgés de 15 ans et plus, à l'exclusion des résidents des trois territoires et des personnes vivant à plein temps en établissement.

Il s'agit de la dernière collecte de données dans le cadre de l'ESUTC car Santé Canada procéde dès 2013 à une enquête biennale regroupant des questions sur le tabac, l'alcool et les drogues, réalisée par Statistique Canada sous le nom d'Enquête canadienne sur le tabac, l'alcool et les drogues (ECTAD). 

Les tableaux supplémentaires, les tableaux des données historiques (1999-2012) et les définitions de l'ESUTC 2012 sont fournis dans des documents distincts.

La prévalence du tabagisme au Canada a diminué depuis la première fois qu'elle a été mesurée. Cependant, comme cette prévalence atteint des taux plus bas, il devient de plus en plus difficile de détecter des écarts statistiquement significatifs d'une année à l'autre. Dans le contexte de l'avenir de la lutte antitabac au Canada, la diffusion des résultats de l'ESUTC de cette année vise à comparer les taux de 2012 à ceux de 2001, année du lancement de la Stratégie fédérale de lutte contre le tabagisme (SFLT).

Les augmentations, les diminutions et les écarts signalés dans le présent rapport représentent tous des changements statistiquement significatifs. L'expression « statistiquement significatif » ne sera pas utilisée dans le but d'alléger le texte. Le terme « inchangé » ou les termes équivalents renvoient aux différences qui ne sont pas statistiquement significatives.

Aperçu

En 2001, au moment du lancement de la SFLT, la prévalence du tabagisme chez les Canadiens de 15 ans et plus était de 25 %Note de bas de page 1 (environ 6,1 millions de fumeurs). Selon les résultats de l'Enquête de surveillance de l'usage du tabac de 2012, ce taux est passé à 16 % (environ 4,6 millions de fumeurs), ce qui représente le taux national le plus faible jamais recensé. En 2012, 12 % des Canadiens ont déclaré être des fumeurs quotidiens, et 4 %, des fumeurs occasionnels. Un pourcentage plus élevé d'hommes (18 %) que de femmes (14 %) ont déclaré fumer. Les fumeurs quotidiens consomment en moyenne 15,0 cigarettes par jour, une diminution par rapport à la consommation moyenne de 16,2 cigarettes par jour déclarée en 2001.

Le tabagisme chez les jeunes de 15 à 19 ans

En 2012, le taux de prévalence de tabagisme chez les jeunes âgés de 15 à 19 ans était de 11 % (environ 233 000 adolescents). Ce taux inchangé par rapport à celui de 12 % signalé en 2011, est le plus faible enregistré pour ce groupe d'âge depuis que Santé Canada enquête sur la prévalence du tabagisme. Il est plus faible que le taux signalé en 2001 (22 %). Sept pour cent (7 %) des jeunes ont déclaré être des fumeurs quotidiens et consommer en moyenne 11,1 cigarettes par jour, alors que 4 % ont déclaré être des fumeurs occasionnels. Un pourcentage plus élevé d'adolescents que d'adolescentes ont déclaré fumer (12 % contre 9 %, respectivement).

En 2012, le taux de tabagisme chez les jeunes de 15 à 17 ans était de 7 % (ce qui équivaut à environ 93 000 jeunes), le taux le plus bas jamais observé, mais est comparable à celui de 2011 (8 %). Le taux de tabagisme de 2012 était de 8 % chez les jeunes hommes et de 6 % chez les jeunes femmes. Quatre pour cent (4 %) des jeunes de 15 à 17 ans ont déclaré fumer tous les jours et consommer en moyenne 8,8 cigarettes par jour.

Seize pour cent (16 %) des jeunes de 18 et 19 ans (soit environ 140 000 jeunes) étaient des fumeurs actifs en 2012, un taux inchangé par rapport à 2011 (18 %), mais inférieur à celui enregistré en 2001 (29 %). Onze pour cent (11 %) des fumeurs actifs sont des fumeurs quotidiens et 6 %, des fumeurs occasionnelsNote de bas de page 2. Les fumeurs quotidiens dans ce groupe d'âge ont déclaré consommer en moyenne 12,3 cigarettes par jour. Les jeunes hommes (19 %) étaient plus nombreux que les jeunes femmes (13 %) à fumer.

Le tabagisme chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans

La prévalence du tabagisme chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans était de 20 % (environ 488 000 jeunes adultes) en 2012, comparable au 21 % signalé en 2011, mais plus faible que le taux signalé en 2001 (32 %). En 2012, le taux de tabagisme chez les jeunes adultes de sexe masculin était de 23 %, ce qui est supérieur au taux de 17 % rapporté chez les jeunes adultes de sexe féminin.

La proportion de jeunes adultes déclarant fumer tous les jours en 2012 (13 %) est inchangée par rapport à 2011 (14 %), mais elle est inférieure à celle de 2001 (24 %). Le taux de fumeurs quotidiens chez les jeunes hommes (14 %) et celui chez les jeunes femmes (11 %) est comparable. Les jeunes adultes qui ont déclaré fumer tous les jours consommaient en moyenne 12,7 cigarettes par jour.

Le tabagisme chez les adultes de 25 ans et plus

Seize pour cent (16 %) de la population canadienne de 25 ans et plus, soit environ 3,9 millions de Canadiens, étaient des fumeurs actifs en 2012, un taux inchangé par rapport à celui de 2011 (17 %), mais inférieur au taux de 2001 (21 %). La proportion de fumeurs quotidiens était de 12 %, soit une baisse par rapport à la proportion signalée en 2001 (18 %). Dans ce groupe d'âge, davantage d'hommes que de femmes étaient des fumeurs actifs (19 % contre 14 %, respectivement), et des fumeurs quotidiens (14 % contre 11 %, respectivement). Les hommes qui fumaient tous les jours consommaient en moyenne 17,4 cigarettes par jour, un nombre plus élevé que les 12,9 cigarettes consommées par les fumeuses quotidiennes.

Nombre de cigarettes fumées

Au Canada, les fumeurs quotidiens de 15 ans et plus ont déclaré avoir consommé en moyenne 15,0 cigarettes par jour en 2012, un nombre inférieur à celui signalé en 2001 (16,2). En 2012, les fumeurs quotidiens de sexe masculin ont consommé un plus grand nombre de cigarettes par jour (en moyenne 16,8 cigarettes) que ceux de sexe féminin (en moyenne 12,7 cigarettes).

Provinces

Les taux de tabagisme provinciaux pour les Canadiens de 15 ans et plus varient, allant de 13 % en Colombie-Britannique à 20 % à Terre-Neuve-et-Labrador. La consommation de cigarettes varie de 12,9 cigarettes par jour en Colombie-Britannique à 15,8 en Ontario.

Cigares : cigares réguliers et petits cigares/cigarillos

En 2012, environ 4 % (environ 1,2 million) de tous les Canadiens de 15 ans et plus, 6 % (environ 129 000) des jeunes de 15 à 19 ans et 9 % (environ 212 000) des jeunes adultes de 20 à 24 ans ont déclaré avoir fumé une sorte de cigare dans les 30 jours précédents. Ces taux sont inchangés par rapport à ceux de 2011.

Six pour cent (6 %, soit environ 69 000) des fumeurs de cigares n'avaient pas l'âge légal pour acheter du tabac dans leur province de résidence, ce qui est comparable au taux de 8 % signalé en 2011Note de bas de page 3.

Environ 3 % (près de 895 000) des canadiens et canadiennes de 15 ans et plus ont admis avoir consommé des petits cigares ou cigarillos dans les 30 jours précédant l'enquête. Ce taux est inchangé par rapport à celui de 2011 (3 %), mais inférieur à celui signalé en 2007 (4 %). Parmi les jeunes Canadiens de 15 à 19 ans, 5 % (environ 110 000 jeunes) ont indiqué avoir fumé un petit cigare ou cigarillo au cours des 30 derniers jours, un taux semblable à celui de 2011 (5 %), mais plus bas que celui signalé en 2007 (11 %). Huit pour cent (8 %, soit environ 182 000) des jeunes adultes de 20 à 24 ans ont déclaré avoir fumé un petit cigare ou cigarillo dans les 30 jours précédents, ce qui ne représente aucun changement par rapport au taux de 7 % signalé en 2011, mais une diminution par rapport à celui signalé en 2007 (10 %).

Réduire l'attrait des petits cigares pour les jeunes est l'un des objectifs importants de la Loi restreignant la commercialisation du tabac auprès des jeunes, une loi de 2009 modifiant la Loi sur le tabac. Les modifications sont entrées en vigueur en 2010. Alors qu'il n'est pas possible d'évaluer pleinement l'incidence de ces modifications sur la consommation de petits cigares chez les jeunes en fonction des résultats de l'ESUTC, il convient cependent de souligner que le pourcentage de jeunes de 15 à 19 ans ayant déclaré avoir fumé des petits cigares au cours des 30 jours précédents a diminué, passant de 8 % en 2009 et de 6 % en 2010 à 5 % en 2011 et en 2012. Parmi les jeunes de 15 à 19 ans qui ont fumé des petits cigares ou cigarillos, 61 % (environ 65 000 jeunes) ont fumé des petits cigares ou cigarillos aromatisés, tandis que 24 % (environ 25 000 jeunes) ont fumé des petits cigares ou cigarillos aromatisés et non aromatisés. Ces résultats ne sont pas différents de ceux de 2011, de 2010 et de 2009, année à laquelle ces questions ont été posées pour la première fois.

Tabac à narguilé

Avant l'ESUTC de 2011, la question « Avez-vous déjà essayé un narguilé » n'avait été posée qu'une fois, soit en 2006. En 2012, 10 % (environ 2,8 millions) des Canadiens de 15 ans et plus ont déclaré avoir déjà essayé un narguilé, ce qui représente une hausse par rapport au taux de 8 % signalé en 2011 et à celui de 4 % en 2006. Treize pour cent (13 %, soit environ 282 000) des jeunes Canadiens de 15 à 19 ans, et 28 % (environ 662 000) des jeunes adultes de 20 à 24 ans ont déclaré avoir déjà essayé un narguilé, pourcentage inchangé par rapport à celui signalé en 2011 (12 % chez les jeunes et 24 % chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans respectivement), mais supérieur à celui de 2006 (6 % et 11 % respectivement).

En 2012, moins de 1 % (environ 251 000) des Canadiens de 15 ans et plus, 3 % (environ 61 000) des jeunes de 15 à 19 ans et 4 % (environ 104 000) des jeunes adultes de 20 à 24 ans ont déclaré avoir utilisé un narguilé au cours des 30 jours précédant l'enquête. Ces taux sont semblables à ceux déclarés en 2011, année à laquelle l'ESUTC demandait pour la première fois aux répondants s'ils avaient utilisé un narguilé au cours des 30 jours précédents.

Les Canadiens ayant déclaré avoir utilisé un narguilé au cours des 30 jours précédents devaient ensuite faire part de leurs croyances quant aux risques et aux bienfaits associés à l'utilisation de narguilés comparativement à la consommation de cigarettes; 40 % d'entre eux croyaient que fumer du tabac à l'aide d'un narguilé était plus dangereux que la cigarette, 32 % croyaient que cela n'était ni plus ni moins dangereux que la cigarette et 27 % croyaient que cela était moins dangereux que la cigarette.

Tabac sans fumée

En 2012, 8 % des Canadiens de 15 ans et plus ont indiqué avoir déjà essayé les produits de tabac sans fumée. Cinq pour cent (5 %) des jeunes, ou environ 117 000 adolescents de 15 à 19 ans, et 12 % des jeunes adultes (environ 285 000) de 20 à 24 ans ont déclaré avoir déjà consommé des produits de tabac sans fumée. Ces taux sont inchangés par rapport à ceux signalés en 2011. Les taux de consommation de tabac sans fumée au cours des 30 jours précédant l'enquête étaient de moins de 1 % chez les Canadiens de 15 ans et plus, de 1 % chez les jeunes de 15 à 19 ans et de 2 % chez les jeunes adultes de 20 à 24 ans. Ces résultats sont comparables à ceux de 2011.

Sources de cigarettes

Selon l'ESUTC de 2012, la majorité des fumeurs achètent habituellement leurs cigarettes dans une petite épicerie ou un dépanneur (52 % en 2012, ce qui inchangé par rapport au taux de 54 % en 2011) ou dans une station-service (20 % en 2012, comme en 2011). Cinq pour cent (5 %) des fumeurs ont déclaré que leur source d'approvisionnement habituelle était réserves des Premières Nations. Ce taux est comparable à celui de 2011 (4 %).

Quarante-quatre pour cent (44 %) des jeunes fumeurs de 15 à 19 ans ont obtenu leurs cigarettes dans une petite épicerie, alors que 18 % les ont obtenues dans une station-service. Vingt-trois pour cent (23 %) des jeunes ont obtenu leurs cigarettes de sources sociales. Ce résultat est comparable à celui de 2011 (28 %).

Parmi les jeunes qui n'étaient pas assez âgés pour acheter des cigarettes légalement dans leur province de résidence en 2012, 63 % ont obtenu leurs cigarettes à un point de vente au détail, un taux inchangé par rapport au taux de 56 % signalé en 2011. Il n'y a pas de différence dans le pourcentage de jeunes mineurs qui ont obtenu leurs cigarettes de sources sociales (37 % en 2012 contre 44 % en 2011).

Sources d'approvisionnement à bas prix

L'ESUTC contient des questions sur les efforts déployés par les fumeurs pour acheter des cigarettes à bas prix au cours des six mois précédant l'enquête. En 2011, ces questions ont été reformulées, et des descriptions ont été ajoutées pour chaque source de cigarettes. Les taux de 2011 et de 2012 ne devraient donc pas être comparés à ceux obtenus au cours des années précédentes. Quarante-huit pour cent (48 %, soit environ 1,8 million) des fumeurs actifs de 15 ans et plus ont acheté des marques de cigarettes à rabais à un point de vente au détail, 13 % (environ 590 000 Canadiens) ont acheté des cigarettes dans une réserve des Premières Nations et 1 % (environ 58 000) ont déclaré avoir acheté des cigarettes susceptibles d'avoir été passées en contrebande. Comme certains fumeurs ont déclaré se procurer des cigarettes de plus d'une source, ces chiffres ne devraient pas être additionnés.

Le pourcentage de fumeurs ayant déclaré acheter leurs cigarettes dans une réserve des Premières Nations était de 13 %, inchangé par rapport à 11 % en 2011. Le pourcentage de fumeurs ayant déclaré avoir acheté des cigarettes susceptibles d'avoir été passées en contrebande était de 1 % en 2012, ce qui est inférieur au taux de 3 % déclaré en 2011.

Chez les jeunes fumeurs de 15 à 19 ans, 44 % (environ 64 000 jeunes) ont acheté des cigarettes de marques à rabais au cours des six derniers mois et 14 % (environ 32 000) ont acheté des cigarettes d'une réserve des Premières Nations. Cinquante-deux pour cent (52 %, soit environ 196 000) des jeunes adultes fumeurs de 20 à 24 ans ont acheté des cigarettes de marques à rabais et 10 % (environ 48 000) ont acheté des cigarettes d'une réserve des Premières Nations.

Référence

L'ESUTC de 2012 a permis de recueillir des données auprès de 19 286 répondants, de février à décembre 2012. La marge d'erreur globale dans l'estimation du taux de tabagisme au Canada est de +/- 1,1 %. Nous nous attendons donc à ce que la prévalence réelle du tabagisme pour ce groupe se situe entre 15,0 % et 17,3 %, 19 fois sur 20.

Pour obtenir de plus amples renseignements sur l'Enquête et ses résultats, veuillez communiquer avec Santé Canada par courrier électronique (CTUMS-ESUTC@hc-sc.gc.ca) ou écrire aux responsables de l'ESUTC à l'adresse suivante : Bureau de la recherche et de la surveillance, Direction générale des substances contrôlées et de la lutte au tabagisme, Santé Canada, 150, pré Tunney, indice de l'adresse 0301A, Ottawa (Ontario), K1A 0K9.

Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur le fichier de microdonnées à grande diffusion, veuillez communiquer avec les services à la clientèle de Statistique Canada, Division des enquêtes spéciales (1-800-461-9050; 613-951-3321; télécopieur : 613-951-4527; ssd@statcan.gc.ca).

Notes de bas de page

Note de bas de page 1

Au moment du lancement de la SFLT, les données les plus récentes découlaient de l'ESUTC de 1999, lesquelles ont servi de données de base pour le programme.

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Note de bas de page 2

En raison des arrondissements la somme des pourcentages de fumeurs quotidiens et occasionnels chez les adultes de 18 et 19 ans ne correspond pas aux pourcentages de fumeurs actuels.

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Note de bas de page 3

L'ESUTC n'utilise pas de définition standard pour les petits cigares, cigarillos ou cigares réguliers et laisse aux répondants la tâche de déterminer dans quelle catégorie les cigares qu'ils consomment se situent. Par ailleurs, l'ESUTC ne recueille pas d'information sur les habitudes d'achat ni sur le volume de tabagisme ou sur la fréquence de consommation de ces produits. Comme les données sont insuffisantes, il n'est pas recommandé ni possible d'estimer le nombre de cigares qui ont été achetés ou consommés chaque jour.

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