Guide canadien d'immunisation : Partie 2 - Innocuité des vaccins

Contre-indications, précautions à prendre et préoccupations

Mis à jour : septembre 2016

Introduction

Un certain nombre de raisons s'opposent à l'administration de vaccins. Il faut parfois renoncer à la vaccination ou la reporter en raison de contre-indications ou par mesure de précaution. Parfois, les gens hésitent à se faire vacciner en raison de préoccupations non fondées alors que la vaccination ne présente pour eux aucun risque accru sur le plan médical. Les fournisseurs de vaccins doivent impérativement faire la différence entre ces diverses raisons.

Le présent chapitre définit les contre-indications et les précautions à prendre et met en avant les contre-indications et les précautions énoncées dans d'autres chapitres du Guide canadien d'immunisation. Il dégage également les préoccupations courantes et fournit des renseignements destinés à aider les fournisseurs de vaccins à répondre à ces préoccupations. Dans la plupart des cas, il suffit d'informer et de rassurer les personnes concernées pour dissiper ces préoccupations. Le présent chapitre se veut un guide convivial pour aider à déterminer si une affection donnée constitue une contre-indication à la vaccination, impose des mesures de précaution ou soulève une préoccupation courante qui ne doit pas retarder ni empêcher la vaccination.

Une contre-indication est une situation dans laquelle un produit pharmaceutique tel qu'un vaccin ne devrait pas être utilisé, car les risques l'emportent sur les bienfaits thérapeutiques potentiels.

Une précaution est une mesure prise lorsqu'un état ou une maladie peut accroître le risque d'événements indésirables suivant la vaccination ou peut empêcher le vaccin d'induire l'immunité. De façon générale, l'administration d'un vaccin est reportée lorsqu'un état ou une affection justifie la prise de précautions. Il existe cependant des cas où les avantages liés à l'administration du vaccin l'emportent sur les dangers possibles ou encore des cas où l'immunogénicité réduite d'un vaccin procure malgré tout des avantages importants à un sujet immunodéprimé réceptif.

Certaines précautions et contre-indications vont dépendre du type de vaccin, c'est-à-dire vivant atténué ou inactivé. Voir la liste des vaccins inactivés ainsi que les vaccins vivants atténués qui sont approuvés et offerts au Canada. Pour connaître l'ensemble des contre-indications et des précautions à prendre concernant les différents vaccins, veuillez consulter le chapitre pertinent du Guide canadien d'immunisation, le feuillet du produit ou l'information contenue dans la monographie de produit du vaccin accessible par la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada.

Liste des vaccins inactivés et vaccins vivants atténués approuvés et offerts au Canada

  • Vaccins inactivés
    • Acellulaire anticoquelucheux
    • Choléra et diarrhée du voyageur
    • Anatoxine diphtérique
    • Haemophilus influenzae de type b (Hib)
    • Hépatite A
    • Hépatite B
    • Virus du papillome humain (VPH)
    • Antipoliomyélitique inactivé
    • Encéphalite japonaise
    • Méningocoque
    • Pneumocoque
    • Rage
    • Anatoxine tétanique
    • Encéphalite transmise par les tiques
    • Antigrippal trivalent inactivé (VTI)
    • Typhoïde (formulation injectable)
  • Vaccins vivants atténués
    • Bacille de Calmette-Guérin (BCG)
    • Zona
    • Antigrippal vivant atténué (VVAI)
    • Rougeole
    • Oreillons
    • Rotavirus
    • Rubéole
    • Variole
    • Typhoïde (formulation orale)
    • Varicelle
    • Fièvre jaune

Contre-indications et précautions

Les fournisseurs de vaccins devraient questionner leurs clients sur leur état de santé actuel et tout état chronique afin de déterminer les contre-indications et précautions à prendre avant l'administration de chaque dose du vaccin. Les listes de vérification et les questions de dépistage systématique sont efficaces à cette fin. Veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir d'autres renseignements.

Certaines des contre-indications et des précautions à prendre les plus courantes sont résumées ci-dessous.

Réaction anaphylactique à un vaccin ou à l'un des composants d'un vaccin

La vaccination est contre-indiquée chez une personne ayant déjà eu une réaction anaphylactique à la suite de l'administration de ce même vaccin et chez une personne ayant une hypersensibilité établie immédiate ou anaphylactique à l'un des composants du vaccin (à l'exception des personnes allergiques aux œufs) ou de son contenant. Dans les cas où une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactique à un vaccin ou à ses composants est soupçonnée, une enquête est recommandée, ce qui peut exiger d'administrer la vaccination dans un milieu contrôlé. Il est conseillé de consulter un allergologue.

Asthme, grave

Le contrôle de l'asthme doit être optimisé avant l'administration de tout vaccin. Le vaccin antigrippal vivant atténué ne devrait pas être administré aux sujets atteints d'asthme grave (c.-à-d. qui reçoivent actuellement une glucocorticothérapie orale ou des doses élevées de glucocorticoïdes en inhalation ou qui présentent une respiration sifflante active) ni à ceux ayant une respiration sifflante qui a nécessité une intervention médicale au cours des sept jours précédant la vaccination. Le vaccin antigrippal vivant atténué peut être administré dans les cas d'asthme non grave et stable.

Malformation congénitale du tractus gastrointestinal ou antécédents d'intussusception

Le vaccin antirotavirus est contre-indiqué chez les nourrissons ayant des antécédents d'intussusception ou présentant une malformation congénitale non corrigée du tractus gastrointestinal qui favoriserait l'intussusception.

Apparition du syndrome de Guillain-Barré dans les six semaines suivant la vaccination

Des cas de syndrome de Guillain-Barré (SGB) ou de polynévrite ont été signalés après l'administration d'un vaccin contenant l'anatoxine tétanique, et un cas de SGB récidivant a été recensé après chacune des trois doses du vaccin. Les études menées en population n'ont toutefois pas appuyé l'existence d'une relation de cause à effet. Des cas de SGB ou de polynévrite ont également été signalés après l'administration d'un vaccin contenant l'anatoxine diphtérique. Bien que certaines données semblent indiquer l'existence d'une relation de cause à effet entre l'administration de l'anatoxine tétanique et le SGB, peu de données appuient l'existence d'une association indépendante entre l'administration d'anatoxine diphtérique et le SGB. Les sujets qui développent le SGB dans les six semaines suivant l'administration d'un vaccin contenant l'anatoxine tétanique ne devraient recevoir aucune autre dose. Les sujets qui développent le SGB en dehors d'un intervalle de six semaines peuvent recevoir les doses subséquentes du vaccin. Si le sujet a été infecté à Campylobacter (cette infection a été associée au syndrome de Guillain-Barré) et a reçu un vaccin contenant les anatoxines tétanique et diphtérique au cours des six semaines précédant l'apparition du syndrome de Guillain-Barré, il est conseillé de consulter un spécialiste des maladies infectieuses.

Dans une recension d'études effectuées entre 1976 et 2005, l'Institute of Medicine des États-Unis a conclu que le vaccin de 1976 contre la grippe H1N1 était associé à une élévation du risque de syndrome de Guillain-Barré. Les données n'étaient pas suffisantes cependant pour confirmer ou infirmer l'existence d'une relation causale entre le syndrome de Guillain-Barré chez les adultes et la vaccination contre la grippe saisonnière. Des études plus récentes semblent indiquer que le risque absolu de présenter un syndrome de Guillain-Barré durant la période qui suit la vaccination contre la grippe saisonnière et contre la grippe A(H1N1)pdm09 est d'environ un cas en excès pour un million de vaccins. Il faut soupeser le risque de syndrome Guillain-Barré associé à la vaccination antigrippale et le risque de syndrome de Guillain-Barré associé à l'infection grippale elle-même. En général, il est recommandé d'éviter de vacciner contre la grippe les personnes qui ont déjà présenté un syndrome de Guillain-Barré dans les six semaines suivant une vaccination antigrippale antérieure.

Sujets immunodéprimés

En général, les personnes immunodéprimées ne devraient pas recevoir de vaccins vivants en raison du risque de maladie lié aux souches du vaccin. Les sujets qui sont gravement immunodéprimés ou dont l'état immunitaire est incertain ne devraient pas recevoir de vaccins vivants. Dans les cas légers de déficit immunitaire, les avantages de l'administration des vaccins vivants systématiquement recommandés pourraient l'emporter sur les risques. Si la vaccination d'un sujet immunodéprimé avec un vaccin vivant est envisagée, il faut obtenir au préalable l'approbation de son médecin traitant. Il est conseillé de référer les cas complexes à un médecin qui possède une expertise en vaccination ou en immunodéficience.

Antécédents familiaux ou médicaux suspects d'immunodéficience

Les personnes qui présentent des antécédents médicaux suspects d'immunodéficience (p. ex. antécédents familiaux connus ou présumés d'immunodéficience congénitale ou d'infection au VIH, ou antécédents de retard staturo-pondéral et d'une infection récurrente) ne devraient pas recevoir un vaccin vivant tant que leur cas n'a pas été étudié à fond et que la possibilité d'un déficit en lymphocytes T n'a pas été écartée. Une immunodéficience peut ne pas être diagnostiquée chez de jeunes enfants dans le cadre d'une immunisation systématique comprenant des vaccins vivants. Il est particulièrement important de tenir compte de ce fait dans le cas des nourrissons qui reçoivent des vaccins vivants (p.ex. BCG ou vaccin en vue d'un voyage) avant l'âge de 12 mois étant donné qu'il est probable que l'existence d'une affection sous-jacente passe plus facilement inaperçue chez les très jeunes enfants. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3 pour obtenir de plus amples renseignements.

Traitement immunosuppresseur

Le statut de vaccination doit être examiné avant l'instauration d'un traitement immunosuppresseur. Si la vaccination ne peut être effectuée avant l'instauration du traitement, il est conseillé d'attendre la fin du traitement immunosuppresseur pour l'effectuer. L'administration de vaccins inactivés doit être reportée de trois mois (pour assurer l'immunogénicité) et celle des vaccins vivants de un à trois mois (pour réduire le risque de maladie causée par la souche du vaccin). L'intervalle entre l'arrêt des médicaments immunosuppresseurs et l'administration de vaccins peut varier selon l'intensité du traitement immunosuppresseur, la maladie sous-jacente et d'autres facteurs (p. ex. des vaccins inactivés peuvent être administrés au besoin pour la prise en charge post-exposition ou d'une éclosion).

Les vaccins vivants sont en général contre-indiqués si le traitement immunosuppresseur ne peut pas être arrêté, bien que le rapport risques-avantages puisse être en faveur de l'immunisation si seules de petites doses de médicaments immunosuppresseurs sont requises et qu'il existe un risque important de maladie. L'utilisation de vaccins vivants chez des personnes qui suivent un traitement immunosuppresseur à faibles doses fait actuellement l'objet d'un examen par le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI).

En général, le conseil ci-dessus est également valable pour les personnes suivant un traitement immunosuppresseur par des anticorps monoclonaux, notamment par le rituximab ou les inhibiteurs du TNF (p. ex. infliximab et adalimumab). À noter aussi que les anticorps monoclonaux pris pendant la grossesse peuvent être transmis au fœtus et que leurs effets peuvent persister après la naissance. Il est fortement conseillé de consulter un immunologiste avant d'administrer des vaccins vivants à des nourrissons susceptibles d'avoir été exposés à des anticorps monoclonaux durant la grossesse ou l'allaitement. Veuillez consulter les chapitres Immunisation des sujets immunodéprimés, Immunisation durant la grossesse et l'allaitement et Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3 pour obtenir d'autres renseignements.

Grossesse

En général, les vaccins vivants sont contre-indiqués durant la grossesse puisqu'il existe un risque théorique pour le fœtus. Cependant, dans certains cas, il est possible d'envisager l'administration d'un vaccin vivant.

En général, les femmes enceintes peuvent recevoir les vaccins inactivés administrés systématiquement, si cela est indiqué. Le vaccin contre le VPH n'est pas recommandé pendant la grossesse, quoiqu'aucune issue défavorable de la grossesse ni aucun événement indésirable sur le développement du fœtus n'aient été signalés.

Tuberculose, active non traitée

Par mesure de précaution, les vaccins antirougeoleux, antiourlien et antirubéoleux (ROR) et le vaccin contre la rougeole, la rubéole, les oreillons et la varicelle (RROV) ainsi que les vaccins contre la varicelle et le zona sont contre-indiqués chez les personnes souffrant de tuberculose active non traitée. Bien que l'infection naturelle par le virus de la rougeole puisse exacerber la tuberculose, rien n'indique que le vaccin contre la rougeole ou le vaccin contenant le virus de la varicelle produit le même effet. Le vaccin BCG est contre-indiqué chez les personnes dont la réaction au test cutané à la tuberculine est positive, bien que le vaccin ait souvent été administré sans entraîner de complications chez ces personnes.

Le tableau 1 résume les contre-indications courantes et certaines précautions à prendre dans le cas des vaccins inactivés et vivants. Les contre-indications et précautions associées à chaque vaccin sont énoncées dans les chapitres pertinents de la partie 4. Veuillez consulter le chapitre Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour obtenir la liste détaillée des vaccins inactivés et vivants et de leurs constituants.

Tableau 1 : Contre-indications et certaines précautions à prendre dans le cas de l'administration de vaccins inactivés et vivants
Contre-indications et certaines précautions à prendre Type de vaccin Commentaires
Inactivé Vivant
Anaphylaxie :
Anaphylaxie après une dose précédente d'un vaccin

Contre-indiqué si le même vaccin est reçu

Contre-indiqué si le même vaccin est reçu

Veuillez consulter le chapitre Réactions précoces à la vaccination, dont l'anaphylaxie de la partie 2.

Anaphylaxie :
Hypersensibilité immédiate ou anaphylactique établieTableau 1 - Note de bas de page 2 à l'un des composants du vaccin ou de son contenant (p. ex. latex)

Contre-indiqué si le vaccin reçu contient les mêmes composantsTableau 1 - Note de bas de page 3

Contre-indiqué si le vaccin reçu contient les mêmes composantsTableau 1 - Note de bas de page 3

 
Asthme, graveTableau 1 - Note de bas de page 4

Aucune contre-indicationTableau 1 - Note de bas de page 1

Vaccin antigrippal vivant atténué contre-indiqué chez les personnes atteintes d'asthme graveTableau 1 - Note de bas de page 4 ou qui présentent une respiration sifflante ayant nécessité une intervention médicale au cours des 7 jours précédant la vaccination.

Le contrôle de l'asthme doit être optimisé avant l'administration de tout vaccin.

Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'influenza de la partie 4.

Malformation congénitale du tractus gastrointestinal, non corrigée

Aucune contre-indication ou précautionTableau 1 - Note de bas de page 1

Vaccin antirotavirus contre-indiqué en raison du risque accru d'intussusception qu'il comporte.

 
Syndrome de Guillain-Barré dans les 6 semaines suivant l'administration d'un vaccin

Contre-indiqué en général si le même vaccin est reçu. Dans le cas du vaccin antigrippal, il faut soupeser le risque de syndrome Guillain-Barré associé à la vaccination antigrippale et le risque de syndrome de Guillain-Barré associé à l'infection grippale elle-mêmeTableau 1 - Note de bas de page 5.

Contre-indiqué en général si le même vaccin est reçu. Dans le cas du vaccin antigrippal, il faut soupeser le risque de syndrome Guillain-Barré associé à la vaccination antigrippale et le risque de syndrome de Guillain-Barré associé à l'infection grippale elle-mêmeTableau 1 - Note de bas de page 5.

Veuillez consulter le chapitre de la partie 4 portant sur le vaccin pertinent.

Sujets immunodéprimés en raison d'une affection sous-jacente

Aucune contre-indication.

Il est conseillé d'adresser les cas complexes à un médecin qui possède une expertise en immunisation ou en immunodéficience.Tableau 1 - Note de bas de page 1

Contre-indiqué dans les cas graves d'immunosuppression. Le vaccin pourrait être administré dans les cas plus légers d'immunosuppression ou dans les situations où les bienfaits potentiels l'emportent sur les risques potentiels.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3.

Traitement immunosuppresseur (p. ex. traitement anticancéreux, anticorps monoclonaux)

Aucune contre-indication; il pourrait être nécessaire de reporter les vaccins inactivés de 1 à 3 mois après la fin d'un traitement immunosuppresseur.Tableau 1 - Note de bas de page 1

Contre-indiqué dans la plupart des cas.

Il est fortement conseillé de consulter un immunologiste avant d'administrer des vaccins à des nourrissons ayant été exposés à des anticorps monoclonaux. Les anticorps monoclonaux pris pendant la grossesse peuvent être transmis au fœtus et leurs effets peuvent persister après la naissance. Ils peuvent également être transmis par le lait maternel.

La décision de remettre à plus tard la vaccination dépend du type et de la dose de l'agent immunosuppresseur administré et de l'évaluation des avantages et des risques. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3.

Intussusception, antécédents

Aucune contre-indication ou précautionTableau 1 - Note de bas de page 1

Vaccin antirotavirus contre-indiqué

 
Grossesse

En général, aucune contre-indication liée aux vaccins administrés systématiquementTableau 1 - Note de bas de page 1

Généralement contre-indiqué

Veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3.

Précaution - Vaccin contre le papillomavirus (en raison du manque de données)

Tuberculose, active non traitée

Aucune contre-indication liée aux vaccins administrés systématiquementTableau 1 - Note de bas de page 1

Vaccin ROR, vaccin RROV, vaccin monovalent contre la varicelle, vaccin contre le zona et vaccin BCG contre-indiqués

Veuillez consulter les chapitres de la partie 4 portant sur les différents vaccins.

Préoccupations et affections courantes

La vaccination est parfois jugée préoccupante en présence d'un certain nombre d'affections qui en fait n'ont pas lieu de retarder ni d'empêcher l'immunisation. Par exemple, l'administration systématique des vaccins ne devrait pas être retardée chez les personnes atteintes de maladies mineures telles qu'une infection des voies respiratoires supérieures, une otite moyenne ou une maladie gastrointestinale bénigne ou celles qui reçoivent une antibiothérapie. Les maladies infectieuses répétées sont courantes pendant la petite enfance et ne nuisent pas à l'efficacité des vaccins. En général, si une personne est suffisamment bien portante pour se rendre au service de consultation externe en vue de se faire vacciner, elle est suffisamment bien portante pour recevoir les vaccins.

Aucune occasion d'immunisation ne devrait être ratée en raison de préoccupations non fondées. Il suffit en général de renseigner et de rassurer les gens pour dissiper les réserves concernant l'administration de vaccins dans ces circonstances. Certaines des préoccupations couramment soulevées et des conséquences qu'elles entraînent sont présentées ci-dessous.

Maladie aiguë (avec ou sans fièvre)

En général, les personnes atteintes d'une maladie aiguë mineure ou modérée peuvent recevoir des vaccins. Il n'y a aucun risque accru d'événements indésirables à la suite de la vaccination et la réponse au vaccin n'est pas entravée. Cependant, voici trois exceptions :

  • Si la personne est atteinte d'une importante congestion nasale pouvant empêcher le VVAI de se rendre à la muqueuse nasopharyngienne, il est possible d'administrer un VTI ou de reporter l'administration du VVAI jusqu'à ce que la maladie soit guérie.
  • Dans le cas des nourrissons atteints d'une gastro-entérite modérée à grave, il faut reporter le vaccin antirotavirus jusqu'à l'amélioration de l'état de santé, à moins que le report ne dépasse le délai maximal établi pour la première dose à l'âge recommandé.
  • L'administration du vaccin oral contre le choléra et la diarrhée du voyageur devrait être retardée chez les personnes présentant une maladie gastrointestinale aiguë.

Les risques et avantages de la vaccination d'une personne gravement malade doivent être évalués soigneusement. Les avantages de la protection dans des cas d'exposition à haut risque ou lorsqu'il y a peu de temps (c.-à-d. voyage ou déficit immunitaire imminent) doivent être évalués en regard des risques qu'un événement indésirable lié au vaccin (particulièrement la fièvre) puisse compliquer la prise en charge de l'état d'une personne. Il peut arriver que la survenue d'événements indésirables systémiques complique la prise en charge médicale d'une maladie aiguë ou que des événements associés à la maladie aiguë soient considérés par erreur comme des événements indésirables liés au vaccin. L'opinion d'experts est fortement recommandée dans cette situation.

Événements indésirables suivant la vaccination précédente

De nombreux événements indésirables apparaissant après l'administration de vaccins peuvent soulever des préoccupations pour les vaccinations futures.

Œdème sévère des membres après la vaccination

Une réaction grave à un vaccin au point d'injection n'est pas associée à un risque accru de réactions à d'autres vaccins au point d'injection. La répétition de la dose d'un vaccin ayant déjà donné lieu à une réaction importante au point d'injection peut entraîner la survenue d'une réaction semblable. Toutefois, il n'y a aucun risque accru d'événements indésirables systémiques. Une réaction importante au point d'injection peut survenir chez un enfant après l'administration de la quatrième ou cinquième dose d'un vaccin contenant l'anatoxine diphtérique, l'anatoxine tétanique et un anticoquelucheux acellulaire. La survenue, au point d'injection, d'une réaction importante à une dose antérieure ne constitue pas une contre-indication au maintien du calendrier recommandé.

Des réactions graves au point d'injection ont lieu à l'occasion chez des adultes après l'administration d'un vaccin contenant l'anatoxine diphtérique et l'anatoxine tétanique (Td). Toute autre dose systématique du vaccin Td ne devrait pas être administrée avant au moins 10 ans.

Épisode hypotonique-hyporéactif (EHH) suivant la vaccination

Un EHH peut survenir après l'administration d'un vaccin anticoquelucheux, mais se produit moins souvent après l'administration des vaccins actuels anticoquelucheux acellulaires. Certaines données indiquent qu'il n'y a aucune conséquence défavorable associée à ces événements.

Convulsions fébriles ou syncope après la vaccination précédente

Les parents peuvent hésiter à faire vacciner leur enfant si des vaccinations antérieures ont été suivies de convulsions fébriles. De même, les gens peuvent hésiter à se faire vacciner si une vaccination antérieure a été suivie d'un épisode de syncope (ce qui peut se produire chez les jeunes filles lors de l'administration du vaccin contre le VPH).

La vaccination ne présente pas de risque en cas d'antécédents de convulsions fébriles. Dans le cas du vaccin ROR, par exemple, le risque de convulsion fébrile dans les deux semaines suivant la vaccination a été de 1,56/1 000 enfants, pour l'ensemble des enfants, de 3,97/1 000 chez les frères ou sœurs d'enfants ayant des antécédents de convulsions fébriles et de 19,47/1 000 chez les enfants ayant des antécédents personnels de convulsions fébriles. Cela signifie que chez les enfants ayant des antécédents de convulsions fébriles, 98 % n'auront pas de convulsion fébrile après l'administration du vaccin ROR. Le risque de contracter des troubles convulsifs, par exemple l'épilepsie, n'est pas plus élevé chez les enfants ayant des antécédents de convulsions fébriles. Les analgésiques et antipyrétiques oraux (comme l'acétaminophène ou l'ibuprofène) peuvent être utilisés pour le traitement des événements indésirables mineurs (fièvre ou douleur au site d'injection) qui peuvent survenir après la vaccination. Rien n'indique que les antipyrétiques préviennent les convulsions fébriles.

La vaccination ne présente pas de risque en cas d'antécédents d'évanouissement après l'administration de vaccins. Il est possible de réduire le risque d'évanouissement en prenant des mesures pour atténuer le stress chez les personnes en attente d'un vaccin (période d'attente brève, température ambiante confortable, préparation des vaccins à l'abri des regards et administration des vaccins dans un endroit privé). Il est recommandé de faire asseoir les personnes pour les vacciner. Veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir d'autres renseignements.

Pleurs persistants et inconsolables suivant la vaccination

Les pleurs persistants et inconsolables et des cris perçants inhabituels (plus courants après l'administration du vaccin contre la coqueluche) ne sont associés à aucune séquelle et sont vraisemblablement une réaction à la douleur au point d'injection chez les nourrissons. Veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir des renseignements sur les techniques destinées à réduire la douleur et l'anxiété.

Syndrome oculo-respiratoire (SOR)

Le syndrome oculo-respiratoire est une affection habituellement passagère, caractérisée par une conjonctivite bilatérale, un œdème facial et des symptômes des voies respiratoires supérieures et connue pour se produire essentiellement après la vaccination contre la grippe. Les symptômes apparaissent généralement de 2 à 24 heures après la vaccination et disparaissent 48 heures plus tard. Lorsque ce syndrome s'accompagne de symptômes des voies respiratoires inférieures, toute vaccination antigrippale ultérieure est contre-indiquée. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'influenza de la partie 4 pour obtenir d'autres renseignements.

Allergies

Les antécédents d'allergies figurent parmi les préoccupations les plus courantes concernant la vaccination. Il existe de nombreux types de réactions allergiques et il est important de les distinguer les uns des autres lorsque l'on examine leurs implications en ce qui a trait à l'immunisation.

Les réactions allergiques peuvent être immédiates ou retardées. Une réaction d'hypersensibilité immédiate se manifeste généralement tout de suite après l'administration du vaccin ou dans l'heure qui suit. Il s'agit d'une réaction induite par les IgE (type 3) qui peut être légère (p. ex. urticaire) ou grave (p. ex. anaphylaxie). Veuillez consulter le chapitre Réactions précoces à la vaccination, dont l'anaphylaxie de la partie 2 pour obtenir d'autres renseignements.

Les réactions d'hypersensibilité retardées peuvent se manifester plusieurs heures, voire plusieurs jours après l'administration du vaccin. Elles comprennent : phénomène d'Arthus ou réaction de type III (vasculite locale due à l'accumulation de complexes immuns à IgG dans les vaisseaux sanguins du derme) ou plus généralement, hypersensibilité retardée à médiation cellulaire ou réaction de type IV (en général, une dermatite de contact). Il s'agit généralement de réactions locales à l'un des composants du vaccin.

Des réactions graves au point d'injection, de type Arthus, sont occasionnellement signalées après l'administration d'un vaccin contenant l'anatoxine diphtérique ou l'anatoxine tétanique. Il peut y avoir un œdème important et douloureux autour du point d'injection, touchant souvent le bras entre l'épaule et le coude, généralement de deux à huit heures après l'injection. Les personnes chez qui l'on observe de graves réactions au point d'injection ne devraient pas recevoir d'autres doses systématiques du vaccin Td pendant au moins dix ans.

Un entretien approfondi peut révéler que ce que les gens interprètent comme une réaction allergique à un vaccin ou à l'un de ses composants n'est en fait pas une allergie. La plupart des événements indésirables cutanés associés aux vaccins, par exemple, sont tout simplement le résultat d'une réaction inflammatoire normale à l'administration d'une substance étrangère. Ces réactions inflammatoires n'étant pas de nature allergique, les patients peuvent donc recevoir en toute sécurité les vaccins ultérieurs prévus. Les gens présentant une légère réaction d'hypersensibilité, notamment une dermatite de contact, au vaccin ou à l'un de ses composants pourront donc être rassurés. Ceux chez qui l'on soupçonne une réaction d'hypersensibilité modérée ou grave devront être orientés vers un allergologue afin de subir des examens supplémentaires. Le soupçon d'hypersensibilité ne doit pas interdire systématiquement la vaccination. Il doit être examiné par un allergologue qui devra déterminer si la personne concernée peut ou non être vaccinée.

Allergie aux œufs

L'allergie anaphylactique aux œufs est rare. Les personnes allergiques aux œufs peuvent recevoir les vaccins antigrippal, ROR et RROV de la façon courante. Selon la recherche, ces vaccins ne contiennent pas suffisamment de protéines d'œuf pour causer une réaction allergique chez les personnes allergiques aux œufs; une personne peut être vaccinée avec la dose complète sans avoir à subir au préalable de test cutané, sans égard à une réaction allergique antérieure grave aux œufs. Dans les cas où l'on hésite fortement à suivre les recommandations ci-dessus chez un patient qui, par ailleurs, présente un risque de complications liées à la grippe, il peut s'avérer nécessaire d'adresser le sujet à un allergologue.

Autres réactions allergiques

Des réactions allergiques peuvent être signalées pour un certain nombre de composants de vaccins, notamment la gélatine, le latex, la néomycine ou le thimérosal. Une réaction anaphylactique à la gélatine est rare. Chez les personnes présentant des réactions d'hypersensibilité légères, les vaccins administrés par voie sous-cutanée ou intramusculaire sont généralement sans danger. L'allergie au thimérosal est extrêmement rare. En cas d'antécédents établis de réaction d'hypersensibilité retardée au thimérosal (ayant provoqué une importante réaction locale ou un eczéma), les vaccins contenant du thimérosal peuvent être administrés. Les personnes ayant des antécédents avérés d'hypersensibilité retardée au thimérosal, ce qui est rare, devraient être averties de l'apparition possible de réactions cutanées locales ou systémiques prolongées. Elles doivent signaler toute réaction préoccupante se manifestant après l'administration de vaccins pour qu'elle puisse être prise en charge comme il se doit.

Veuillez consulter le tableau 2 et la section Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour obtenir d'autres renseignements.

Trouble hémorragique

Les personnes atteintes d'un trouble hémorragique devraient recevoir tous les vaccins recommandés conformément aux calendriers d'immunisation systématique, une fois les mesures de sécurité appropriées mises en œuvre. La maîtrise des troubles hémorragiques devrait être optimisée avant l'administration des vaccins. Les fournisseurs de vaccins devraient s'assurer de l'absence de tout symptôme ou signe évoquant la présence d'un trouble hémorragique non diagnostiqué (p. ex. ecchymose non expliquée). Si de tels indicateurs sont présents avant l'administration des vaccins, un diagnostic devrait être établi avant de commencer la vaccination. Lors de l'administration d'un vaccin par voie parentérale, envisager l'utilisation d'une aiguille de petit calibre et exercer une pression au point d'injection pendant 5 à 10 minutes après l'injection. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3.

Allaitement maternel

Après l'immunisation systématique d'une mère ou de son bébé durant l'allaitement, il n'y a aucune réduction de la réponse de la mère ou du bébé aux vaccins ni aucune augmentation du risque d'événements indésirables. Selon certaines preuves, l'allaitement maternel semble procurer des bienfaits chez les nourrissons après la vaccination et entraîner moins de fièvre et de douleur. Le vaccin BCG et les vaccins contre la variole et la fièvre jaune sont généralement contre-indiqués chez les femmes qui allaitent, mais leur administration peut être envisagée dans des situations présentant un risque élevé.

Préoccupations concernant l'immunisation

Préoccupations concernant l'exposition à un trop grand nombre d'antigènes

L'exposition de leurs jeunes enfants à un trop grand nombre d'antigènes lors de l'administration concomitante de plusieurs vaccins est souvent un sujet d'inquiétude pour les parents. Il est à noter que la capacité du système immunitaire humain de répondre à des antigènes est énorme. Le système immunitaire des nourrissons peut répondre à environ 10 000 antigènes différents à un moment donné, ce qui se produit sans doute lorsqu'il marche à quatre pattes. L'immunisation n'alourdit pas de façon importante l'exposition quotidienne de la personne vaccinée aux antigènes. Les vaccins administrés aux nourrissons au Canada mobilisent moins de 0,01 % de leur réponse immunitaire. Habituellement, les personnes vaccinées présentent une réponse immunitaire similaire, que les vaccins soient donnés en même temps ou durant des visites différentes. L'administration concomitante de la plupart des vaccins systématiques au cours de la même visite n'entraîne pas une hausse des taux des événements indésirables.

Préoccupations concernant les injections multiples

L'administration systématique des doses de vaccins adaptées à l'âge de façon simultanée est recommandée chez les enfants qui ne présentent pas de contre-indications. Il n'est pas contre-indiqué d'administrer plusieurs injections lors de la même visite et il faut saisir toutes les occasions possibles d'immuniser un sujet. Les vaccins antiviraux vivants administrés par injection peuvent être administrés simultanément ou à un minimum de quatre semaines d'intervalle afin d'éliminer le risque hypothétique que le premier vaccin nuise à l'efficacité du suivant. En général, lorsque deux vaccins vivants administrés par voie parentérale sont indiqués, il est préférable de les administrer simultanément afin d'éviter la nécessité d'une deuxième visite. L'administration concomitante de vaccins peut être essentielle pour les personnes qui se préparent à partir en voyage à l'étranger. Il convient de consulter la liste des vaccins antiviraux vivants récemment administrés.

Il peut être nécessaire de rassurer les gens en soulignant que l'administration concomitante de la plupart des vaccins systématiques au cours de la même visite n'entraîne pas une réduction de la réponse anticorps ni une hausse des taux des événements indésirables. L'administration de plusieurs vaccins durant une seule visite permet de veiller à ce que les personnes aient reçu tous les vaccins requis en fonction de leur âge et des facteurs de risque.

Préoccupations concernant le thimérosal

Il n'est pas rare que les gens se disent préoccupés par la présence de thimérosal dans les vaccins et les effets potentiels de ce composant sur le tissu cérébral. Le thimérosal entre dans la composition de certains vaccins en tant que conservateur, mais est présent à une dose qui ne devrait pas causer d'inquiétude. En l'absence d'antécédents de réaction allergique, il n'existe aucune raison légitime liée à la sécurité pour ne pas administrer des produits contenant du thimérosal aux enfants ou aux adultes, notamment aux femmes enceintes.

Médicaments pris en concomitance, y compris les produits biologiques

Antibiothérapie

L'antibiothérapie n'entrave pas la réponse aux vaccins inactivés ni à la plupart des vaccins vivants, à deux exceptions près : l'administration du vaccin vivant oral contre la typhoïde doit être reportée de 48 à 72 heures après que le sujet a pris la dernière dose d'antibiotiques actifs contre la bactérie Salmonella typhi. Le vaccin BCG ne doit pas être administré aux personnes qui prennent des médicaments antituberculeux, y compris les fluoroquinolones.

Anticoagulation

Les sujets qui reçoivent une anticoagulation à long terme avec de la warfarine ou de l'héparine ne sont pas considérés comme étant exposés à un risque plus élevé de complications hémorragiques après l'administration de vaccins et peuvent être vaccinés de façon sécuritaire par voie intramusculaire ou par voie sous-cutanée (selon la voie recommandée pour le vaccin), sans interrompre leur traitement par anticoagulants. Lors de l'administration par voie intramusculaire, utiliser une aiguille de petit calibre (calibre 23 ou plus petit) et exercer une pression ferme au point d'injection pendant 5 à 10 minutes. On dispose de peu de données permettant de savoir si les gens traités par les types d'anticoagulants les plus récents, tels que les anti-agrégants plaquettaires, sont exposés à un risque accru de complications hémorragiques après la vaccination. Il n'y a toutefois pas lieu de croire qu'ils doivent être traités différemment de ceux recevant d'autres types d'anticoagulants.

Traitement antiviral

Le traitement antiviral ne nuit pas à la réponse aux vaccins inactivés ou à la plupart des vaccins vivants, à l'exception des cas suivants :

  • L'efficacité des vaccins contre la varicelle et le zona peut être réduite s'ils sont administrés en même temps que la prise d'antiviraux actifs contre le virus varicelle-zona (p. ex. acyclovir, valacyclovir ou famciclovir). Les personnes recevant un traitement antiviral prolongé doivent cesser de prendre ces médicaments, si possible, au moins 24 heures avant l'administration des vaccins contre la varicelle et le zona et jusqu'à 14 jours après la vaccination.
  • Il faut attendre 48 heures après l'arrêt du traitement par des antiviraux actifs contre la grippe (p. ex. oseltamivir et zanamivir) avant d'administrer le vaccin antigrippal vivant atténué (VVAI) et attendre au moins 14 jours après la vaccination avant d'administrer des antiviraux, à moins que cela ne soit indiqué sur le plan médical. Si des antiviraux sont administrés pendant cette période (entre 48 heures avant l'administration du VVAI et 14 jours après), il faut procéder à une revaccination au moins 48 heures après l'arrêt du traitement antiviral.
Administration récente de produits sanguins contenant des anticorps

L'utilisation d'immunoglobulines humaines pour l'immunisation passive ou la réception de la plupart des produits sanguins peut nuire à la réponse immunitaire à certains vaccins vivants. Les vaccins contenant le virus de la rougeole ou de la varicelle doivent être administrés au moins 14 jours avant l'administration d'une préparation d'immunoglobulines ou d'un produit sanguin, ou après la dégradation des anticorps contenus dans la préparation d'immunoglobulines ou le produit sanguin. Une évaluation des avantages et des risques est requise chez les femmes ayant accouché qui ont reçu des immunoglobulines anti-Rh (RhIg) et qui doivent recevoir le vaccin ROR ou le vaccin contre la varicelle (veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3 pour obtenir d'autres renseignements). Le vaccin contre le zona doit être reporté jusqu'à trois mois après l'administration d'une dose d'immunoglobuline intraveineuse.

Salicylates

En général, l'administration de vaccins lors de la prise de salicylates (acide acétylsalicylique, aspirine ou AAS) est sans danger à quelques exceptions près. L'administration du VVAI est contre-indiquée chez les enfants et adolescents (2 à 17 ans) sous traitement par les salicylates (p. ex. traitement contenant de l'aspirine) en raison de l'association du syndrome de Reye à l'aspirine et à l'infection par le virus de la grippe de type sauvage. Le VTI est une solution de rechange appropriée. Il convient de ne pas utiliser de produits contenant des AAS chez les enfants de moins de 18 ans pendant quatre semaines après l'administration d'un VVAI.

L'immunisation contre la varicelle est une autre exception. Les fabricants de vaccins contenant le virus de la varicelle recommandent d'éviter le traitement aux salicylates pendant les six semaines suivant l'immunisation contre la varicelle, en raison d'une association entre la varicelle de type sauvage, le traitement aux salicylates et le syndrome de Reye. Les fournisseurs de soins de santé devraient prendre en considération les risques théoriques associés au vaccin contre la varicelle par rapport aux risques connus associés à la varicelle de type sauvage. Des événements indésirables n'ayant pas été signalés avec l'utilisation de salicylates après l'immunisation contre la varicelle, les sujets dont la maladie exige un traitement chronique aux salicylates devraient être pris en considération pour l'immunisation et suivis de près par la suite. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3 pour obtenir d'autres renseignements.

Troubles neurologiques

Aucune donnée n'indique un risque accru d'événements indésirables à la suite de l'immunisation chez les personnes atteintes de troubles neurologiques. Elles peuvent présenter un risque accru de complications issues de maladies évitables par la vaccination telles que la grippe et doivent recevoir les vaccins appropriés, à l'exception des personnes qui présentent un épisode du syndrome de Guillain-Barré (SGB) dans les six semaines suivant l'immunisation.

Accouchement prématuré

Les nourrissons prématurés répondent adéquatement aux vaccins utilisés au cours de la petite enfance et ne sont pas exposés à un risque considérablement accru d'événements indésirables. En général, les bébés prématurés sont vaccinés conformément au calendrier d'immunisation systématique, selon l'âge chronologique de l'enfant à l'exception du vaccin contre l'hépatite B chez les bébés prématurés dont le poids à la naissance est inférieur à 2 000 grammes. La réponse au vaccin contre l'hépatite B peut être réduite chez ces nourrissons. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'hépatite B de la partie 4 pour obtenir d'autres renseignements. Les nourrissons prématurés hospitalisés devraient faire l'objet d'une surveillance cardiaque et respiratoire continue pendant les 48 heures suivant leur première vaccination.

Troubles cutanés

En général, les vaccins ne présentent pas de danger pour les personnes atteintes de troubles cutanés. Aux fins de confort, administrer le vaccin dans une zone non touchée. Deux exceptions sont à noter : Le vaccin contre la variole est contre-indiqué chez les personnes atteintes d'eczéma (dermatite atopique) en l'absence d'éclosion. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la variole de la partie 4. Le vaccin BCG est contre-indiqué en présence d'affections cutanées ou de brûlures importantes. Veuillez consulter le chapitre Vaccin bacille de Calmette-Guérin de la partie 4.

Le tableau 2 offre sous une forme facile à consulter un résumé des affections et des préoccupations courantes qui pourrait s'avérer pratique pour informer les patients dont on sollicite le consentement éclairé pour l'administration de vaccins.

Tableau 2 : Affections ou préoccupations courantes concernant les vaccins et leurs implications relatives à l'immunisation
Préoccupation ou affection Implications relatives à l'immunisation
Maladie aiguë, mineure (y compris infection des voies respiratoires supérieures et diarrhée)  

Sans risqueTableau 2 - Note de bas de page 1 à l'exception des cas énoncés ci-après :

  • VVAI : Si la personne est atteinte d'une importante congestion nasale pouvant empêcher le VVAI de se rendre à la muqueuse nasopharyngienne, il est possible d'administrer un VTI ou de reporter l'administration du VVAI jusqu'à ce que la maladie soit guérie.
  • Vaccin antirotavirus : En présence d'une gastro-entérite modérée ou grave, reporter la vaccination jusqu'à l'amélioration de l'affection, à moins que cela ne repousse l'administration de la première dose au-delà de l'âge limite recommandé. Vaccin oral contre le choléra : Reporter la vaccination jusqu'à la guérison de la maladie gastrointestinale aiguë.
  • Vaccin contre le choléra et contre la diarrhée du voyageur : L'administration du vaccin oral contre le choléra et la diarrhée du voyageur devrait être retardée chez les personnes présentant une maladie gastrointestinale aiguë.
Maladie aiguë, grave  

Il faut examiner les risques et les avantages. Veuillez consulter la section Maladie aiguë ci-dessus.

Événements indésirables suivant la vaccination précédente Œdème sévère des membres après la vaccination

Sans risque, même si l'œdème concerne une articulation.

Convulsions fébriles ou syncope après la vaccination précédente

Sans risque; veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour connaître les précautions générales à prendre.

Épisode hypotonique-hyporéactif (EHH)

Sans risque, aucune conséquence à long terme découlant d'un EHH.

Pleurs inconsolables

Sans risque; veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir des renseignements sur les techniques destinées à réduire la douleur et l'anxiété.

Syndrome oculo-respiratoire (SOR)

Sans risque, à l'exception près suivante :

  • Vaccin antigrippal : Contre-indiqué si les voies respiratoires inférieures de la personne sont touchées. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre l'influenza de la partie 4.
Allergies Allergies, connues

Sans risque pour la plupart des allergies non anaphylactiques en tenant compte des considérations suivantes :

  • Composants des vaccins : Dans les cas où l'on soupçonne une hypersensibilité ou une allergie non anaphylactique à un composant vaccinal, il est indiqué de mener une enquête dans le cadre de laquelle on pourrait effectuer la vaccination sous surveillance. Il est conseillé de consulter un allergologue.

Vaccins contenant les anatoxines tétanique et diphtérique : Les personnes ayant des antécédents de réactions graves de type Arthus à l'administration de vaccins contenant les anatoxines diphtérique ou tétanique ne doivent recevoir aucune autre dose systématique du vaccin Td pendant au moins 10 ans. Veuillez consulter la section intitulée Anatoxine tétanique de la partie 4 pour d'autres renseignements. Voir les allergies pertinentes énoncées ci-dessous. En cas d'antécédents de réaction anaphylactique à l'un des composants d'un vaccin, veuillez consulter les contre-indications au tableau 1 ci-dessus.

Veuillez consulter la section Contenu des agents immunisants utilisés au Canada de la partie 1 pour connaître la liste des agents offerts au Canada et de leurs constituants.

Allergie aux œufs

L'allergie anaphylactique aux œufs est rare. Sa présence est une contre-indication à l'administration de vaccins contenant des protéines d'œufs sauf dans les cas du vaccin antigrippal, les vaccins ROR et RROV.

Allergie à la gélatine

Généralement sans risque. Dans la plupart des cas, l'allergie à la gélatine est une allergie non anaphylactique. Les vaccins contenant de la gélatine peuvent être administrés.

Une réaction anaphylactique à la gélatine est extrêmement rare. Pour des renseignements sur l'allergie anaphylactique voir les contre-indications énoncées au tableau 1.

Allergie au latex

Généralement sans risque. Dans les cas d'allergies non anaphylactiques (p. ex. antécédents de dermatite de contact aux gants de latex), les vaccins fournis dans des fioles ou des seringues contenant du caoutchouc sec naturel ou du caoutchouc de latex naturel peuvent être administrés.

La réaction anaphylactique au latex est très rare. Pour des renseignements sur l'allergie anaphylactique voir les contre-indications énoncées au tableau 1.

Allergie à la néomycine

Généralement sans risque. L'allergie à la néomycine est souvent une dermatite de contact (c.-à-d. une réaction d'hypersensibilité retardée), qui ne constitue pas une contre-indication à l'administration de vaccins contenant de la néomycine.

Pour des renseignements sur l'allergie anaphylactique, voir les contre-indications énoncées au tableau 1.

Allergie au thimérosal

Généralement sans risque. Une réaction d'hypersensibilité retardée ou locale au thimérosal ne constitue pas une contre-indication à l'administration d'un vaccin contenant du thimérosal.

L'allergie au thimérosal est extrêmement rare. Les personnes ayant des antécédents avérés d'hypersensibilité retardée au thimérosal, ce qui est rare, devraient être averties de l'apparition possible de réactions cutanées locales ou systémiques prolongées lors d'une vaccination ultérieure. Elles devraient signaler toute réaction préoccupante se manifestant après l'administration de vaccins pour qu'elle puisse être prise en charge comme il se doit.

Pour des renseignements sur l'allergie anaphylactique, voir les contre-indications énoncées au tableau 1.

Trouble hémorragique  

Sans risque à condition de prendre les mesures suivantes :

  • Optimiser le contrôle du trouble hémorragique avant l'immunisation.
  • Lors de l'administration par voie intramusculaire, utiliser une aiguille de petit calibre (calibre 23 ou plus petit) et exercer une pression ferme au point d'injection pendant 5 à 10 minutes.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3.

Allaitement maternel  

Généralement sans risque si l'on tient compte des considérations suivantes :

  • Vaccin BCG : Prudence est de mise car on ignore si le vaccin bacille de Calmette-Guérin est excrété dans le lait humain.
  • Vaccin contre l'encéphalite japonaise : Ne doit être administré que si le risque lié à la maladie surpasse le risque inconnu de la vaccination pour la femme et le bébé allaité.
  • Vaccin contre la fièvre jaune : En règle générale, le vaccin contre la fièvre jaune ne doit pas être administré aux mères qui allaitent.
  • Le vaccin contre la variole est contre-indiqué chez les mères qui allaitent, en l'absence d'éclosion. Des précautions particulières doivent être prises au besoin dans les cas de prophylaxies post-exposition. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la variole de la partie 4.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3.

Préoccupations concernant l'immunisation Exposition à un trop grand nombre d'antigènes

Les vaccins combinés sont sécuritaires. La plupart des enfants sont exposés à des milliers d'antigènes chaque jour.

Injections multiples

Les injections multiples de vaccins sont sécuritaires.

  • Dans le cas des vaccins antiviraux vivants administrés par voie parentérale, l'administration concomitante est préférable (à défaut, les administrer à un intervalle minimum de 4 semaines).
  • Les vaccins vivants administrés par voie orale et intranasale peuvent être administrés en même temps que d'autres vaccins vivants ou à tout moment avant ou après.

Veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour des renseignements sur les techniques destinées à soulager la douleur et l'anxiété potentielles.

Vaccin contenant du thimérosal

Les vaccins qui contiennent du thimérosal sont sans risque chez les enfants, les adultes et les femmes enceintes.

Médicaments pris en concomitance, y compris les produits biologiques Antibiothérapie

Généralement sans risque aux exceptions près suivantes :

  • Vaccin vivant contre la typhoïde : Lors de la prise d'antibiotiques actifs contre Salmonella typhi, attendre de 48 à 72 heures après la dernière dose d'antibiotiques avant d'administrer le vaccin. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la typhoïde de la partie 4.
  • Vaccin BCG : Lors de la prise d'antibiotiques actifs contre les mycobactéries (notamment la prise de quinolones), reporter l'administration du vaccin BCG jusqu'à ce que l'antibiothérapie soit terminée. Veuillez consulter le chapitre Vaccin bacille de Calmette-Guérin de la partie 4.
Anticoagulation

Généralement sans risque si l'on tient compte des considérations suivantes :

  • Lors de l'administration par voie intramusculaire, utiliser une aiguille de petit calibre (calibre 23 ou plus petit) et exercer une pression ferme au point d'injection pendant 5 à 10 minutes.

Moins de données concernant le risque lié aux anticoagulants plus récents tels que les anti-agrégants plaquettaires.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3.

Traitement antiviral

Généralement sans risque aux exceptions près suivantes :

  • VVAI, vaccins contre le zona et la varicelle : Choisir avec soin le moment de l'administration du vaccin si le traitement antiviral est actif contre le virus contenu dans le vaccin. L'intervalle recommandé entre l'administration de ces vaccins et des antiviraux est propre à chaque vaccin et antiviral. Veuillez consulter les chapitres de la partie 4 portant sur les différents vaccins.
Produits sanguins contenant des anticorps (immunoglobulines; transfusion de globules rouges reconstitués, de plaquettes ou de plasma)
  • L'administration de vaccins est généralement sans risque aux exceptions près suivantes :
  • ROR, vaccin contenant le virus de la varicelle ou vaccin contre le zona : Choisir avec soin le moment de l'administration des vaccins. L'intervalle recommandé entre l'administration de produits sanguins et de ces vaccins est propre à chaque vaccin et produit sanguin. Veuillez consulter le chapitre Administration récente d'immunoglobulines humaines de la partie 1 et les chapitres de la partie 4 portant sur les différents vaccins.
  • Une évaluation des avantages et des risques est requise chez les femmes ayant accouché qui ont reçu des immunoglobulines anti-Rh (RhIg) et qui doivent recevoir le vaccin ROR ou le vaccin contre la varicelle. Veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3.
Salicylates

Généralement sans risque aux exceptions près suivantes :

  • VVAI :
  • Vaccin contenant le virus de la varicelle :
    • Traitement chronique par les salicylates : L'administration du vaccin contenant le virus de la varicelle est envisageable sous surveillance étroite.
    • Utilisation intermittente des salicylates : Éviter les salicylates pendant 6 semaines après l'administration du vaccin contenant le virus de la varicelleTableau 2 - Note de bas de page 2.

Veuillez consulter le chapitre Immunisation des personnes aux prises avec une maladie chronique de la partie 3.

Maladie inflammatoire des yeux nécessitant une stéroïdothérapie  

Généralement sans risque à une exception près :

  • Vaccin contre la variole : En l'absence d'éclosion, reporter la vaccination jusqu'à ce l'affection soit guérie ou que la stéroïdothérapie soit terminée. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la variole de la partie 4.
Infection par le virus de la rougeole  

Généralement sans risque à une exception près :

  • Vaccin contenant le virus de la varicelle : Reporter la vaccination de quatre semaines. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la varicelle de la partie 4.
Troubles neurologiques Antécédents ou antécédents familiaux de convulsions fébriles

Sans risque, veuillez consulter le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir des renseignements sur les mesures générales de précaution à prendre.

Antécédents du syndrome de Guillain-Barré (SGB)

Sans risque sauf si le SGB est apparu dans les 6 semaines suivant l'administration de la dose précédente du même vaccin. Voir les contre-indications énoncées au tableau 1.

Antécédents de syncopes

Administrer le vaccin dans un environnement sans risque, ce qui peut comprendre la vaccination en position couchée ou en demeurant assis à son siège dans la clinique d'immunisation et l'aide d'un accompagnateur au moment de quitter la clinique. Veuillez consulter le chapitre Réactions précoces à la vaccination, dont l'anaphylaxie de la partie 2 et le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1.

Sclérose en plaques (SP)

Sans risque

Accouchement prématuré  

Les vaccins peuvent être administrés sans risque à des nourrissons pesant 1 500 grammes ou plus à la naissanceTableau 2 - Note de bas de page 3. Veuillez consulter le chapitre Immunisation des bébés prématurés de la partie 3.

Affections cutanées  

La vaccination est généralement sans risque; aux fins de confort, administrer le vaccin dans une zone non touchée. Le vaccin contre la variole est contre-indiqué chez les personnes atteintes d'eczéma (dermatite atopique) en l'absence d'éclosion. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la variole de la partie 4.

En présence d'une maladie cutanée ou de brûlures importantes, le vaccin BCG est contre-indiqué. Veuillez consulter le chapitre Vaccin bacille de Calmette-Guérin de la partie 4.

Préoccupations concernant des états ou affections chez les contacts étroits des vaccinés

La vaccination protège les individus et la population. Les personnes présentant des affections leur interdisant la vaccination peuvent malgré tout bénéficier de la protection assurée par la vaccination de leur entourage. L'immunisation des contacts familiaux des sujets immunodéprimés, des femmes enceintes et des nouveau-nés offre une protection importante contre la transmission des maladies dans le ménage.

Une immunisation systématique à jour est recommandée pour les contacts familiaux des femmes enceintes, des sujets immunodéprimés et des nouveau-nés, à l'exception des cas suivants :

  • L'administration du vaccin antigrippal trivalent inactivé (VTI) est préférée à celle du vaccin antigrippal vivant atténué (VVAI) dans le cas des personnes en contact étroit avec des sujets atteints d'un déficit immunitaire grave.
  • Si certains contacts familiaux ont reçu le vaccin antipoliomyélitique vivant oral dans un autre pays au cours des six semaines précédentes, ils ne devraient pas être en contact avec des sujets immunodéprimés.
  • Si la personne recevant le vaccin développe une éruption ressemblant à celle qui survient en cas de varicelle, l'éruption doit être couverte et le sujet vacciné devrait éviter tout contact direct avec la personne immunodéprimée pendant la durée de l'éruption.
  • Le vaccin contre la variole ne devrait pas être administré aux contacts familiaux d'un sujet immunodéprimé dans une situation non urgente.
  • Des mesures de précaution spéciales doivent être prises lorsque des femmes enceintes non vaccinées vivent sous le même toit que des personnes recevant le vaccin contre la variole ou lorsque les contacts étroits de ces personnes ne sont pas vaccinés afin d'éviter la transmission du virus à ces contacts.

Le tableau 3 résume les états ou affections chez les personnes pouvant être en contact étroit avec des vaccinés et procure des renseignements aux fournisseurs de vaccins et aux receveurs sur le caractère approprié et l'innocuité des vaccins dans chaque cas.

Tableau 3 : États ou affections chez les contacts étroits du vacciné
État ou affection chez un contact étroit Immunisation sans risqueTableau 3 - Note de bas de page 1 à l'exception des cas énoncés ci-après
Contact étroit est un sujet immunodéprimé
  • L'administration du vaccin antigrippal trivalent inactivé (VTI) est préférable dans le cas des contacts familiaux des personnes atteintes d'un déficit immunitaire grave.
  • Si le vaccin antigrippal vivant atténué (VVAI) a été reçu, le vacciné doit éviter toute association étroite avec une personne atteinte d'un déficit immunitaire grave pendant au moins 2 semaines.
  • Après l'administration du vaccin contre la varicelle, si la personne recevant le vaccin développe une éruption ressemblant à celle qui survient en cas de varicelle, l'éruption doit être couverte et le sujet vacciné devrait éviter tout contact direct avec la personne immunodéprimée pendant la durée de l'éruption.
  • Le vaccin antipoliomyélitique vivant oralTableau 3 - Note de bas de page 2 est contre-indiqué.
  • Si un contact familial (voyageur ou immigrant) a reçu le vaccin antipoliomyélitique vivant oral au cours des 6 semaines précédentes, il doit éviter tout contact avec des sujets immunodéprimés. Veuillez consulter le chapitre Vaccin contre la poliomyélite de la partie 4.
  • Le vaccin contre la variole ne devrait pas être administré aux contacts familiaux d'un sujet immunodéprimé dans une situation non urgente.
  • Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3.
Contact étroit est un nouveau-né/nourrisson
  • Il faut reporter le vaccin contre la variole (en l'absence d'éclosion). Si ce vaccin contre la variole est administré, la personne vaccinée doit éviter tout contact avec le nourrisson jusqu'à ce que la croûte au point de vaccination tombe.
  • Veuillez consulter le chapitre Immunisation des sujets immunodéprimés de la partie 3.
Contact étroit est une femme enceinte
  • Il faut reporter le vaccin contre la variole (en l'absence d'éclosion).
  • Si ce vaccin est requis en cas d'éclosion, il faut éviter tout contact avec la femme enceinte jusqu'à ce que la croûte au point de vaccination tombe.
  • Veuillez consulter le chapitre Immunisation durant la grossesse et l'allaitement de la partie 3.

Références choisies

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