Guide canadien d'immunisation : Partie 2 - Innocuité des vaccins

Innocuité des vaccins

Mis à jour : juin 2013

Introduction

Comme l'incidence des infections évitables par la vaccination a diminué, l'innocuité des vaccins est devenue le point qui retient l'attention de la population et des médias. Étant donné que les vaccins sont habituellement administrés à des personnes en santé, en particulier à des enfants, on tolère peu la survenue d'effets secondaires. Les risques perçus liés aux vaccins font autant parler d'eux que les risques réels et il peut être difficile de dissiper ces perceptions malgré l'existence de données scientifiques crédibles. Cette perte de confiance menace de saper le succès continu des programmes d'immunisation.

La pharmacovigilance des vaccins comprend la science et les activités liées à la détection, à l'évaluation, à la compréhension, à la prévention et à la communication des effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI) ou de tout autre problème lié à l'immunisation ou aux vaccins, les fournisseurs de soins de santé ont un rôle essentiel et central à jouer en pharmacovigilance des vaccins, dans les efforts en vue de bâtir et de préserver la confiance de la population dans l'innocuité des vaccins.

Les fournisseurs de soins de santé peuvent acquérir des compétences en pharmacovigilance par les moyens suivants :

Ce chapitre donne un aperçu général des concepts et des activités de pharmacovigilance au Canada, de même qu'un résumé des principaux renseignements et ressources liés aux trois compétences en immunisation susmentionnées. Voir un résumé des principaux renseignements liés à la pharmacovigilance des vaccins au Canada.

Les chapitres de la partie 4 du présent Guide axés sur les vaccins contiennent des données condensées clés sur l'innocuité fondées sur les preuves visant l'autorisation préalable et la postcommercialisation. Des données détaillées sur l'innocuité des vaccins figurent également dans les déclarations pertinentes du Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) et dans la monographie du vaccin qui se trouve dans la Base de données sur les produits pharmaceutiques de Santé Canada. Veuillez consulter l'annexe pour obtenir une définition des abréviations employées dans ce chapitre.

Renseignements clés liés à la pharmacovigilance des vaccins au Canada

Quoi :

La pharmacovigilance des vaccins comprend la science et les activités liées à la détection, à l'évaluation, à la compréhension, à la prévention et à la communication des effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI) ou de tout autre problème lié à l'immunisation ou aux vaccins.

Pourquoi :

Pour minimiser le risque et maximiser les avantages des vaccins et de l'immunisation

Qui :

Les organismes de réglementation gouvernementaux, l'industrie des vaccins, les responsables de la santé publique, les professionnels de la santé et les consommateurs ont tous des rôles et des responsabilités en matière de pharmacovigilance (veuillez consulter le tableau 1).

Comment
  • Les organismes de réglementation de Santé Canada ont des processus en place afin d'optimiser l'innocuité des vaccins tout au long du cycle de vie du produit, c'est-à-dire avant et après la commercialisation.
  • Il n'est pas possible de déceler tous les effets secondaires des vaccins par des études de précommercialisation, surtout lorsque les effets secondaires sont très rares (moins de 1 sur 10 000 sujets). La surveillance continue de l'innocuité des vaccins commercialisés est donc essentielle pour déceler les signes indiquant un problème d'innocuité des vaccins et pour intervenir de manière opportune. Un signe d'innocuité des vaccins est un élément d'information provenant d'une ou de plusieurs sources qui indique l'existence d'un nouveau lien de causalité potentiel ou un nouvel aspect d'un événement indésirable connu (augmentation de la gravité ou de la fréquence) entre une vaccination et un effet secondaire ou un ensemble d'effets secondaires connexes, et qui est jugé assez préoccupant pour justifier une vérification ainsi que des mesures correctives, s'il y a lieu.
  • Le Système canadien de surveillance des effets secondaires suivant l'immunisation (SCSESSI) est un projet conjoint des autorités provinciales, territoriales et fédérales de la santé publique ainsi que de leurs partenaires.
  • Les fournisseurs de soins de santé doivent déclarer, sans délai, tout effet secondaire grave ou inattendu suivant l'immunisation aux autorités de la santé publique conformément aux lignes directrices de leur province ou territoire :
    • ESSI : tout événement médical fâcheux qui se produit à la suite de l'administration d'un vaccin et qui n'a pas nécessairement de lien causal avec celle-ci. Un effet indésirable suivant l'immunisation peut donc correspondre à un signe défavorable ou non intentionnel, à un résultat de laboratoire anormal, à un symptôme ou à une affection.
    • Événement indésirable grave : un effet potentiellement mortel ou qui entraîne au moins une des occurrences suivantes : hospitalisation, prolongation de l'hospitalisation en cours, invalidité permanente, anomalie congénitale, issue fatale.
    • ESSI « inattendu » : un effet qui n'est pas mentionné sur l'étiquette officielle du produit (comme il est indiqué dans le dépliant de l'emballage ou la monographie du produit).
  • Bien qu'une déclaration rapide d'un ESSI grave ou inattendu soit essentielle pour détecter des signaux émergents et pour surveiller l'innocuité des vaccins, une déclaration ou même de nombreuses déclarations d'un ESSI ne sont pas une preuve qu'un ESSI est causé par un vaccin. L'évaluation de la causalité exige des preuves scientifiques ou épidémiologiques pour répondre à la question « Le peut-il? », puis un diagnostic exact et une investigation plus poussée afin d'essayer de répondre à la question « L'a-t-il causé? ».

Activités de pharmacovigilance des vaccins au Canada

Aperçu

L'évaluation et la surveillance de l'innocuité des vaccins est un continuum qui englobe la totalité des phases du « cycle de vie » du produit vaccinal, depuis sa découverte jusqu'à l'autorisation de mise en marché et au-delà. De nombreux intervenants (veuillez consulter le tableau 1) et de nombreuses activités (veuillez consulter le tableau 2) y entrent en jeu. Certains intervenants tels que les fabricants de vaccins et les organismes de réglementation ont des rôles et des responsabilités pendant toute la durée du cycle de vie, alors que d'autres tels que les autorités de santé publique et les fournisseurs de vaccins interviennent plus tard dans le processus, à partir du moment où le produit est autorisé pour la mise en marché au Canada.

La période d'essai précédant l'autorisation de mise en marché nous en apprend beaucoup sur l'innocuité des vaccins. La mise à l'essai est réalisée étape par étape, passant des études sur des sujets non humains à des études sur des sujets humains. Les essais cliniques chez les humains commencent à petite échelle, mais prennent de l'ampleur par la suite; ils évaluent progressivement l'immunogénicité, la dose et le calendrier appropriés, l'innocuité et, finalement, l'efficacité. La surveillance réglementaire existe pour que toutes les phases d'essai et de production soient effectuées selon des normes rigoureuses (bonnes pratiques de laboratoire, bonnes pratiques cliniques, bonnes pratiques de fabrication).

Lorsqu'il y suffisamment de preuves indiquant que le produit a un rapport risque-avantage favorable, les organismes de réglementation autorisent le nouveau vaccin pour la mise en marché. À peu près au même moment, des groupes consultatifs nationaux d'experts tels que le Comité consultatif national de l'immunisation (CCNI) examinent les preuves dans le but de formuler des recommandations aux fins d'utilisation du vaccin et les autorités de santé publique font appel à un cadre de référence afin de déterminer s'il faut créer ou non des programmes de vaccination financés par l'État.

Malgré les connaissances acquises sur le produit avant que l'autorisation ne soit donnée, il restera encore des choses à apprendre sur le profil d'innocuité pour ce qui est des effets secondaires rares ou du risque de fréquence accrue des événements indésirables. La surveillance continue de l'innocuité des vaccins est la norme tout au long du cycle de vie; il se peut qu'il soit nécessaire de faire des études spéciales pour en connaître davantage sur le profil d'innocuité ou explorer les sujets de préoccupation qui surgissent au cours de la période suivant la mise en marché.

Les activités réglementaires se poursuivent également au cours de la période suivant la mise en marché afin de veiller à ce que tous les nouveaux lots du produit correspondent aux propriétés des lots sur lesquels s'est basée l'approbation de mise en marché et que la production du produit est conforme et de haute qualité.

Plus de détails sont offerts ci-dessous sur les processus et les activités des intervenants au Canada qui favorisent l'innocuité des vaccins.

Surveillance de la qualité de la réglementation et activités de pharmacovigilance

La Direction générale des produits de santé et des aliments (DGPSA) de Santé Canada a le mandat d'adopter une approche intégrée à la gestion des risques et des avantages pour la santé liés aux produits de santé et aux aliments :

  • en réduisant les facteurs de risque pour la santé des Canadiens et Canadiennes tout en maximisant la protection offerte par le système réglementaire des produits de santé et des aliments;
  • en favorisant des conditions qui permettent aux Canadiens et Canadiennes de faire des choix sains ainsi qu'en leur donnant des renseignements afin qu'ils ou qu'elles puissent prendre des décisions éclairées en ce qui a trait à leur santé.

Voici un bref résumé de comment cela s'accomplit.

Autorisation pour commercialiser un vaccin au Canada

La Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques (DPBTG) de Santé Canada est l'autorité fédérale canadienne qui réglemente les médicaments biologiques, y compris les vaccins. Pour qu'un fabricant ou un promoteur puisse commercialiser un produit au Canada, il doit soumettre une « Présentation de drogue nouvelle ». Cette présentation contient de nombreux renseignements et de nombreuses données sur l'innocuité, l'efficacité et la qualité du vaccin, en particulier les résultats des études précliniques et cliniques, les détails concernant la production du vaccin, les détails sur l'emballage et l'étiquetage et les renseignements portant sur les allégations thérapeutiques et les effets secondaires. La qualité de la présentation est évaluée sur les lieux des installations de production et en laboratoire par des tests d'échantillons sur trois à cinq lots consécutifs (ou lots de production de vaccins) afin de vérifier l'uniformité de la fabrication.

Après un examen attentif de tous les éléments de preuve, la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques (DPBTG) détermine si les avantages du vaccin l'emportent sur les risques et si ces risques peuvent être atténués. (c.-à-d. si les risques et leurs effets peuvent être réduits) conformément à la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application. Si la présentation satisfait à toutes les exigences, la DPBTG publiera un avis de conformité et un numéro d'identification du médicament (DIN) aux fins d'autorisation de mise en marché.

La conformité avec de bonnes pratiques de fabrication est une exigence supplémentaire de Santé Canada concernant la vente de vaccins au Canada. L'Inspectorat de la Direction générale des produits de santé et des aliments assure la conformité par la délivrance des licences d'établissement grâce à ses propres inspections des bonnes pratiques de fabrication ou à des accords de reconnaissance mutuelle passés avec des organismes de réglementation internationaux, notamment l'Agence européenne des médicaments.

Activités de surveillance de la qualité

Programme d'autorisation de mise en circulation d'un lot de vaccins

L'objet du programme d'autorisation de mise en circulation d'un lot consiste à vérifier, dans la mesure du possible, que chaque lot de vaccin nouvellement fabriqué correspond aux lots utilisés pour produire des données sur l'innocuité et l'efficacité destinées aux fins d'autorisation de mise en marché du vaccin. Chaque lot de vaccins est assujetti à un programme d'autorisation de mise en circulation d'un lot avant la vente au Canada. Plus précisément, un document officiel renfermant les résultats des principaux essais de contrôle de la qualité effectués pendant le processus de fabrication de chaque lot doit être remis aux fins d'examen à Santé Canada avant la délivrance d'une lettre d'autorisation de la vente d'un lot sur le marché canadien. De plus, dans le cadre de ce programme d'autorisation de mise en circulation d'un lot, Santé Canada effectue des tests de la majorité des lots de vaccins conformément à ses Lignes directrices sur l'autorisation de mise en circulation des lots. En outre, les fabricants de vaccins doivent présenter un rapport annuel sur les produits biologiques résumant les données sur la qualité des lots fabriqués dans leur établissement pour chaque produit. Ces stratégies permettent à Santé Canada d'évaluer dans quelle mesure le processus de fabrication est contrôlé et les essais de contrôle de la qualité sont appropriés.

En outre, des inspections régulières des bonnes pratiques de fabrication sont effectuées pour assurer continuellement la conformité et le renouvellement des licences d'établissement remises aux installations de fabrication des vaccins.

Activités de surveillance de l'innocuité

Programme Canada Vigilance

Les détenteurs d'une autorisation de mise en marché (fabricants et distributeurs qui ont l'autorisation légale de vendre leur médicament au Canada) doivent obligatoirement déclarer les effets indésirables au Programme Canada Vigilance, comme l'exigent la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application. Cette information est l'un des outils qui permettent à Santé Canada de surveiller le profil d'innocuité des vaccins pour déterminer si leurs avantages continuent de l'emporter sur leurs risques.

Rapports sur l'innocuité

La Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application exigent que les détenteurs d'une autorisation de mise en marché analysent les données sur les réactions indésirables aux médicaments pour des raisons d'innocuité et qu'ils préparent un rapport récapitulatif annuel représentant une évaluation exhaustive des données mondiales sur l'innocuité du vaccin. Les détenteurs d'une autorisation de mise en marché doivent également avertir Santé Canada lorsqu'ils se rendent compte d'un changement important dans le profil des risques-avantages du produit.

Les rapports sur l'innocuité sont évalués par Santé Canada et, si des questions particulières en matière d'innocuité sont relevées, d'autres éléments d'information concernant l'innocuité peuvent être demandés.

Plans de gestion des risques

Un plan de gestion des risques PGR fait état des renseignements importants connus sur l'innocuité d'un produit de santé, établit les lacunes en matière de connaissances, indique de quelle façon le détenteur d'une autorisation de mise en marché assurera le suivi des problèmes d'innocuité connus et potentiels et propose comment minimiser tout risque potentiel décelé. Santé Canada examine ce plan lorsque le détenteur d'une autorisation de mise en marché demande une autorisation de mise en marché d'un nouveau vaccin au Canada, mais peut aussi demander un plan de gestion des risques en d'autres temps.

Évaluations des risques-avantages du produit

Santé Canada peut demander au détenteur d'une autorisation de mise en marché de présenter une évaluation des risques-avantages d'un produit de santé thérapeutique si le profil risque-avantage d'un produit change. Les évaluateurs de Santé Canada qui examinent les évaluations des risques-avantages d'un produit ont recours à des procédures scientifiques qui permettent de déterminer si les avantages l'emportent sur les risques ou si le produit nécessite une intervention réglementaire.

Système canadien de surveillance des effets secondaires suivant l'immunisation (SCSESSI)

Le (SCSESSI) est un système de surveillance fédéral, provincial et territorial (FPT) postcommercialisation ayant les objectifs suivants :

  • surveiller continuellement l'innocuité des vaccins commercialisés au Canada;
  • détecter les hausses de fréquence ou de gravité des réactions liées aux vaccins précédemment décelées;
  • détecter les effets secondaires suivant l'immunisation (ESSI) précédemment inconnus pouvant être liés à un vaccin (ESSI inattendus);
  • cerner les zones qui peuvent nécessiter une investigation et une étude plus poussée;
  • fournir de l'information opportune sur les profils de déclaration des ESSI visant les vaccins commercialisés au Canada pouvant éclairer les décisions relative à l'immunisation.

Le SCSESSI comporte des processus de déclaration des ESSI spontanés, améliorés et actifs. Chaque province ou territoire a son propre système de déclaration qui inclut des activités à l'échelle locale ou régionale ainsi qu'à l'échelle provinciale ou territoriale. (Veuillez consulter le lien Coordonnées de la personne-ressource FPT pour les questions liées à un ESSI.) Tous les systèmes de déclaration provinciaux et territoriaux font partie du SCSESSI. Des déclarations spontanées des ESSI peuvent provenir des professionnels de la santé, des détenteurs d'une autorisation de mise en marché et du grand public. Les autorités fédérales, provinciales et territoriales des programmes de vaccination encouragent les fournisseurs de vaccins et d'autres personnes à déclarer les ESSI d'une importance particulière pour la santé publique. Les autorités effectuent parfois une surveillance accrue des ESSI dans le cadre de nouveaux programmes de vaccination financés par l'État ou à titre d'intervention en cas de signes émergents d'innocuité des vaccins. Dans certaines provinces (Ontario, Québec, Nouvelle-Écosse, Manitoba, Nouveau-Brunswick, Saskatchewan, Île-du-Prince-Édouard et Territoires du Nord-Ouest), la déclaration des ESSI est prescrite par la loi.

Il existe aussi une composante de surveillance syndromique du SCSESSI. Elle est assurée par le programme de surveillance active de l'immunisation (IMPACT) qui est décrit ci-dessous.

Programme de surveillance active de l'immunisation (IMPACT)

Le programme IMPACT est un réseau pédiatrique hospitalier financé par l'Agence de la santé publique du Canada et administré par la Société canadienne de pédiatrie. Ce programme dirige un réseau national de surveillance des effets secondaires suivant l'immunisation, des échecs en matière d'immunisation et de certaines maladies évitables par la vaccination chez les enfants. Les douze hôpitaux du programme IMPACT représentent environ 90 % des lits pédiatriques de soins tertiaires au Canada. Des infirmières monitrices recherchent des enfants admis dans des hôpitaux du programme IMPACT aux prises avec des événements indésirables neurologiques et d'autres événements indésirables hautement prioritaires. Ces infirmières déterminent si ces événements sont la conséquence d'une vaccination administrée au cours d'un certain délai, dont la cause serait potentiellement le vaccin. Tous ces ESSI sont déclarés auprès de l'Agence de la santé publique du Canada et à des représentants locaux de la santé publique.

Comment et quand signaler un ESSI

Il faut informer les vaccinés ou leurs parents/aides-soignants qu'ils doivent avertir leur fournisseur ou autre fournisseur de soins de santé des problèmes suivant l'immunisation. Le fournisseur peut alors évaluer ces problèmes et, au besoin, remplir un rapport sur les événements indésirables. Les fournisseurs remettent les rapports à l'autorité territoriale appropriée (p. ex. à l'autorité de santé publique locale ou provinciale). Dans tous les cas, ces événements indésirables sont ensuite signalés aux autorités fédérales afin d'ajouter chaque ESSI à la base de données nationale du SCSESSI. Veuillez consulter le lien Coordonnées de la personne-ressource FPT pour les questions liées à un ESSI, qui renferme également le formulaire de rapport des ESSI et un guide d'utilisateur.

L'objectif principal de la surveillance postcommercialisation des ESSI est de déceler les signes d'innocuité des vaccins. Les critères clés de déclaration d'un ESSI sont une association temporelle et un soupçon que le vaccin ou la vaccination aient pu causer l'incident. Il n'est pas nécessaire d'avoir la certitude que l'ESSI a été causé par le vaccin ou la vaccination et que le rapport prouve la cause. Les événements inattendus qui n'apparaissant pas dans la monographie du produit doivent être signalés. Les événements courants attendus, tels que les réactions au point de vaccination ou les épisodes de température, n'ont pas besoin d'être signalés à moins que leur gravité ou fréquence sortent de l'ordinaire. La partie 4 du présent Guide donne des renseignements sur les événements indésirables courants attendus concernant les vaccins commercialisés au Canada.

Les déclarations opportunes sont d'une importance capitale pour les ESSI graves potentiellement mortels ou qui entraînent au moins une des occurrences suivantes : hospitalisation, prolongation de l'hospitalisation en cours, invalidité permanente, anomalie congénitale, issue fatale. S'il y a lieu, les événements graves doivent faire l'objet d'une investigation, mais leur déclaration doit être effectuée immédiatement. Des suivis peuvent être envoyés en utilisant le même formulaire de rapport des ESSI (en précisant qu'il s'agit d'un suivi) et ils peuvent être acheminés par la même voie, une fois l'enquête terminée.

Le Formulaire de rapport national des effets indésirables suivant l'immunisation et le Guide de l'utilisateur pour remplir et soumettre les rapports de déclaration de manifestations cliniques inhabituelles (MC)fournissent une orientation détaillée pour déclarer un ESSI.

Acheminement des rapports sur les ESSI et activités associées

Les responsables locaux de la santé publique sont habituellement les premiers à recevoir un rapport sur les ESSI. Parmi les activités principales, on compte un examen effectué par un professionnel de la santé publique en prévision d'une intervention individuelle de la santé publique quant à l'opportunité de doses supplémentaires des vaccins concernés. Des efforts peuvent également être déployés pour recueillir des renseignements supplémentaires, valider un diagnostic dans un rapport et assurer un suivi des résultats d'investigation ou du résultat final des ESSI. Dans certains contextes, les rapports sont entrés dans une base de données électronique. Les problèmes d'innocuité des vaccins, notamment les événements inattendus ou les hausses de gravité ou de fréquence des ESSI attendus, surtout les réactions au point de vaccination ou les événements allergiques, peuvent d'abord être établis à l'échelle locale. Ces problèmes sont communiqués au personnel régional, provincial et territorial pertinent, afin de procéder à une évaluation et une investigation plus poussée, s'il y a lieu.

Les programmes d'immunisation provinciaux et territoriaux reçoivent toutes les déclarations des ESSI où elles sont examinées et analysées par province ou territoire. On y évalue les taux de fréquence des ESSI particuliers et, dans certains cas, on y prépare des résumés périodiques provinciaux ou territoriaux. Comme le volume de déclarations est plus élevé qu'à l'échelle locale, cela constitue une autre occasion de déceler des signes d'innocuité possibles et de prendre des mesures appropriées. Dans le cadre des mesures, on peut lancer d'autres investigations épidémiologiques, consulter des experts, conseiller les autorités réglementaires ou les autorités fédérales de la santé publique ou créer une alerte ESSI afin d'avertir tous les responsables fédéraux, provinciaux et territoriaux de l'innocuité des vaccins et de recueillir leurs opinions (voir Groupe de travail sur la vaccinovigilance). En plus d'être responsables des activités de pharmacovigilance dans leur province ou territoire, les coordonnateurs de l'innocuité des vaccins provinciaux et territoriaux suppriment les identifiants personnels des déclarations des EESI et les envoient à l'Agence. Les déclarations des ESSI graves sont acheminées à l'ASPC dans un délai de quinze jours ou moins.

La Section de la sécurité des vaccins de l'Agence de la santé publique du Canada reçoit des rapports de multiples sources (des provinces, des instances fédérales, du programme IMPACT et des fabricants) sur les ESSI. Elle repère les dédoublements et saisit les données dans une base de données nationale. Les événements graves reçoivent la priorité et sont traités dans un délai de deux jours ouvrables ou moins. À l'échelle nationale, les activités principales sont le codage des ESSI à l'aide du Dictionnaire médical international des activités de réglementation (MedDRA) ainsi que l'examen du dossier médical en vue de déceler des signes d'innocuité du vaccin, notamment les ESSI inattendus ou inhabituels. Des analyses sont régulièrement menées pour détecter des signes d'innocuité des vaccins et l'information est partagée avec Santé Canada. Des rapports sont produits pour qu'ils soient examinés par les autorités fédérales, provinciales et territoriales et le CCNI.

Groupe de travail sur la vaccinovigilance

Ce groupe réunit des membres représentant les instances fédérales (Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits [DGSPNI], Défense nationale et Forces canadiennes [MDN], Gendarmerie royale du Canada [GRC], Service correctionnel du Canada [SCC]), les programmes d'immunisation provinciaux et territoriaux, les organismes de réglementation de Santé Canada et le programme IMPACT. Le groupe de travail relève du Comité canadien sur l'immunisation (CCI) et ses activités incluent :

  • préparer des lignes directrices et des procédures nationales de surveillance et de prise en charge des ESSI au Canada;
  • fournir un forum national en vue de déceler, de partager et de promouvoir les pratiques exemplaires visant la pharmacovigilance des vaccins;
  • fournir un réseau sentinelle national sur l'innocuité des vaccins qui peut partager et diffuser rapidement les renseignements auprès des intervenants concernant les problèmes et les signes en matière d'innocuité des vaccins.

Le tableau 1 donne un aperçu des responsabilités et des rôles principaux des intervenants en pharmacovigilance au Canada. Il est important de signaler que pour être efficaces, les principaux intervenants doivent établir une bonne communication entre eux. Par exemple, les scientifiques et les organismes de réglementation doivent fournir de l'information aux fournisseurs de soins de santé, et ces derniers doivent fournir de l'information aux autorités de la santé publique qui, en retour, compilent et analysent l'information pour les organismes de réglementation, les fournisseurs de soins de santé, les scientifiques et les consommateurs.

Tableau 1 : Principaux rôles et responsabilités des intervenants en pharmacovigilance au Canada
Intervenant Groupe précis Rôle et responsabilité
Organismes de réglementation de Santé Canada (Direction générale des produits de santé et des aliments [DGPSA]) Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques (DPBTG)
  • Exiger des preuves suffisantes d'innocuité, d'efficacité et de qualité pour autoriser la vente du vaccin au Canada
  • Coordonner le programme d'autorisation de mise en circulation d'un lot de vaccins
  • Examiner et approuver les changements survenus au produit après la commercialisation qui pourraient avoir une incidence sur la qualité, l'innocuité ou l'efficacité
Direction des produits de santé commercialisés (DPSC)
  • Recueillir les rapports d'une réaction indésirable soupçonnée des détenteurs d'une autorisation de mise en marché
  • Effectuer des évaluations risques-avantages
  • Examiner les données sur l'innocuité soumises par les détenteurs d'une autorisation de mise en marché (rapports sur les réactions indésirables, rapports sur l'innocuité, rapports sur l'innocuité axés sur un problème, plans de gestion des risques, etc.)
  • Publier les communications sur les risques
Inspectorat de la Direction générale des produits de santé et des aliments
  • Assurer la délivrance des licences des établissements et les inspections
  • Durant les inspections, surveiller et mettre à exécution la conformité de l'industrie des vaccins avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, y compris les bonnes pratiques de fabricationTableau 1 - Note de bas de page 1
Industrie des vaccins Détenteurs d'une autorisation de mise en marché des vaccins
Autorités de la santé publique Agence de la santé publique du Canada
  • Recueillir, coder, examiner, analyser et communiquer les données des déclarations des ESSI à l'échelle nationale provenant de multiples sources
Administrations de la santé fédéraleTableau 1 - Note de bas de page 4, provinciale et territoriale (FPT) (programmes d'immunisation)
  • Surveiller les ESSI à l'échelle fédérale, provinciale et territoriale
  • Déceler les signes d'innocuité des vaccins à l'échelle fédérale, provinciale et territoriale et en faire l'investigation
  • Partager des données sur les déclarations des ESSI avec l'Agence de la santé publique du Canada
Responsables locaux de la santé publique
  • Déclarer les ESSI aux responsables provinciaux et territoriaux de la santé publique
  • Intervention individuelle de la santé publique après un ESSI (p. ex. validation ou investigation des ESSI; décisions sur la revaccination future)
Professionnels de la santé Scientifiques, cliniciens spécialisés et réseaux
  • Effectuer des recherches et contribuer à la surveillance de l'innocuité des vaccins et de la vaccination
Membres du Comité consultatif national de l'immunisation
  • Examiner les preuves sur les risques et avantages du vaccin afin de fournir des recommandations éclairées sur l'utilisation du vaccin
Fournisseurs de vaccins et autres fournisseurs de soins de santé, comme il convient à leur pratique clinique ou de professionnel de la santé publique
  • Administrer le vaccin
  • Cerner, signaler et prendre en charge les ESSI dans le cadre de leur pratique clinique ou de professionnel de la santé publique
Consommateurs Vaccinés et leurs fournisseurs de soins
  • Rechercher l'information nécessaire pour prendre des décisions sur la vaccination
  • Avertir leur fournisseur de soins au sujet des ESSI afin de procéder à une évaluation rapide, à une prise en charge appropriée et à une déclaration opportune, si cela s'avère nécessaire.

Évaluation de l'innocuité et de la qualité des vaccins pendant le cycle de vie du produit

Avant les années 1960, on croyait à tort que tout ce qui pouvait être connu d'un produit pouvait l'être avant son autorisation. On admet maintenant que, même si les organismes de réglementation exigent des preuves suffisantes d'innocuité, d'efficacité et de qualité d'un produit avant d'accorder une autorisation de mise en marché, elles ne suffisent pas pour garantir une connaissance absolue du produit. Il est impossible de tout connaître d'un produit avant son autorisation et les efforts déployés pour tout connaître ne font que retarder l'avantage avéré du produit que peut en tirer la population.

Les études de précommercialisation sont rigoureusement contrôlées pour que les résultats soient valides et reproductibles. Les sujets de ces études sont donc en santé habituellement sans problèmes sous-jacents. Des études de surveillance de postcommercialisation peuvent être nécessaires pour s'assurer que le profil d'innocuité est le même chez d'autres populations cibles comme chez les immunodéprimés, les bébés nés prématurément, les asthmatiques, les diabétiques ou les personnes atteintes d'autres maladies chroniques. Pour déceler les événements indésirables très rares (fréquence de moins de sujet 1 sur 10 000), il faut une étude contrôlée qui comporte entre 30 000 et 100 000 sujets au moins. Cela est rarement pratique ou possible et retarderait le lancement d'un vaccin avéré efficace chez la population. Le concept du cycle de vie des vaccins et d'autres produits commercialisés indique qu'il faut rechercher les connaissances sur l'innocuité et l'efficacité avant et après l'autorisation de mise en marché du produit.

Le tableau 2 décrit les connaissances acquises sur l'innocuité des vaccins pendant le cycle de vie du vaccin et les exigences réglementaires pour assurer la qualité des données et des produits.

Tableau 2 : Évaluation de l'innocuité et de la qualité pendant le cycle de vie du vaccin
Phase du cycle de vie du vaccin Nombre habituel de sujets Exigence réglementaire Raison d'être
Évaluation précommercialisation avant la délivrance de l'avis de conformité
Essai préclinique Aucun Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, les Bonnes pratiques de laboratoireTableau 2 - Note de bas de page 1
  • Fournir des renseignements sur l'efficacité et l'innocuité possibles dans les essais de laboratoire et sur les animaux mis en expérimentation
Essais cliniques
  • Phase I : de 10 à moins de 100
  • Phase II : de 100 à 1 000
  • Phase III : de 1 000 à 30 000
Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, les Bonnes pratiques cliniquesTableau 2 - Note de bas de page 2
  • Fournir des données sur l'efficacité et l'innocuité chez les humains
  • Phase I : réactions indésirables très courantes (ayant lieu dans 10 % des doses ou plus)
  • Phase II : réactions indésirables courantes (ayant lieu dans de 1 % des doses à moins de 10 %)
  • Phase III : réactions indésirables non courantes (ayant lieu dans 0,1 % des sujets à moins de 1%) et certaines réactions indésirables rares (ayant lieu dans 0,01 % des sujets à moins de 0,1 %)
Validation du processus de fabrication et contrôle s.o. Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, y compris les Bonnes pratiques de fabricationTableau 3 - Note de bas de page 3, de même qu'avec les documents d'orientation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de la Conférence internationale sur l'harmonisation (CIH) et d'autres documents internationaux d'orientation sur la qualité
  • Évaluer la qualité du processus de production des vaccins :
    • Toutes les étapes du processus de fabrication depuis la production de stocks de semence à la livraison ainsi que les essais de contrôle de la qualité doivent être validés.
  • La documentation sur le processus de production, le contrôle de la qualité et les installations doit être remise à l'organisme de réglementation aux fins d'examen précédant l'approbation.
Évaluation sur place du processus de fabrication s.o. Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, y compris les Bonnes pratiques de fabrication, de même qu'avec les documents d'orientation de l'OMS, de la CIH et d'autres documents internationaux d'orientation sur la qualité
  • Surveiller la qualité de la production des vaccins :
  • Des spécialistes des produits de Santé Canada sont envoyés sur le lieu de fabrication pour évaluer le processus de fabrication.
Test d'uniformité s.o. Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, y compris les Bonnes pratiques de fabrication
  • Assurer la qualité du vaccin :
    • Des échantillons d'au moins trois lots consécutifs sont mis à l'essai dans les laboratoires de Santé Canada pour vérifier l'uniformité de la fabrication du produit.
Délivrance des licences des établissements s.o. Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, y compris les Bonnes pratiques de fabrication
  • S'assurer que les installations dans lesquelles le produit (ingrédient pharmaceutique actif) est fabriqué sont appropriées pour les spécifications du produit
Surveillance réglementaire postcommercialisation (après l'avis de conformité) et activités de pharmacovigilance
Programme d'autorisation de mise en circulation des lots s.o. Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application
  • S'assurer que chacun des lots de vaccins commercialisés ne diffère pas des lots de vaccins sûrs et efficaces dans les essais cliniques
Inspection des établissements s.o. Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application, y compris les Bonnes pratiques de fabrication
  • S'assurer que les installations dans lesquelles le produit (ingrédient pharmaceutique actif) est fabriqué sont appropriées pour les spécifications du produitTable 2 - Annotation 4
  • En général, les inspections ont lieu tous les deux ou trois ans; cependant, elles peuvent être plus fréquentes ou moins fréquentes selon le type d'activité ou de produit.
Études post commercialisation pour combler les lacunes du profil d'innocuité du vaccin qui ne pouvaient être décelées dans les essais précommercialisation Phase IV : Varie entre 100 et plusieurs milliers (selon l'objectif de l'étude) Il n'y a aucune exigence réglementaire, mais elle est recommandée dans le cadre de l'orientation de Santé Canada. Peut mener des études épidémiologiques auprès d'une vaste population afin d'évaluer un signe et de vérifier les hypothèses (acceptation ou rejet) portant sur un lien de causalité entre le vaccin et l'effet secondaire.
  • Accroître les données du profil d'innocuité du vaccin chez la population cible au cas où certains événements indésirables rares ne seraient pas décelés durant la phase de précommercialisation
  • Évaluer le profil d'innocuité du vaccin chez certaines populations non étudiées dans le cadre des essais préalables à l'autorisation (p. ex. immunodéprimés, diabétiques)
  • Étudier les interactions possibles avec d'autres vaccins
Pharmacovigilance postcommercialisa-tion Systèmes de déclaration des ESSI spontanés, améliorés et actifs Conformité avec la Loi sur les aliments et drogues et son règlement d'application par les détenteurs d'une autorisation de mise en marché Les activités du SCSESSI sont entreprises volontairement, même si certaines provinces ou certains territoires exigent une déclaration des ESSI dans le cadre de leur législation sur la santé publique.
  • Déceler de nouveaux signes d'innocuité des vaccins, lesquels peuvent être :
    • une augmentation de la gravité ou de la fréquence des réactions indésirables précédemment connues
    • des réactions indésirables inattendues
  • Mener des investigations spéciales pour déterminer la cause à l'origine des signes d'innocuité des vaccins
Études conçues pour vérifier les hypothèses relatives aux liens de causalité entre le vaccin et l'effet secondaire Études épidémiologiques auprès de la population ou essais cliniques randomisés Peut être requis par les organismes de réglementation en réponse à de nouveaux signes d'innocuité
  • Vérifier l'hypothèse qu'un vaccin peut causer un ESSI, y compris des événements très rares (moins de 1 sujet sur 10 000)

Vaccin - causalité d'un événement indésirable : Le peut-il? L'a-t-il causé? Le causera-t-il?

L'évaluation de la causalité peut servir à répondre à trois questions différentes afin de déterminer si le vaccin cause un événement indésirable : Le peut-il? L'a-t-il causé? Le causera-t-il?

Le peut-il? - Risque attribuable au vaccin

« Le peut-il? » implique l'utilisation de méthodes scientifiques et épidémiologiques, généralement chez de grandes populations, afin de prouver le lien causal entre le vaccin et l'événement indésirable. Lorsque la réponse est affirmative, les responsables de l'investigation cherchent aussi à déceler le risque attribuable au vaccin.

Théoriquement, les études d'innocuité servent à établir le risque attribuable au vaccin, défini comme l'écart de fréquence d'un événement entre la population vaccinée et la population non vaccinée. Pour déterminer le risque attribuable, il faut des modèles d'étude particuliers comme ceux décrits ci-dessous. Même si les deux premières études ont été réalisées il y a plusieurs années, elles demeurent pertinentes et sont d'excellents exemples de modèles d'étude pouvant éclairer l'innocuité des vaccins.

Le modèle d'étude le plus rigoureux est l'essai randomisé contrôlé par placebo, surtout celui utilisant le modèle croisé. Un exemple éloquent de ce modèle est l'étude finnoise comportant 581 paires de jumeaux où un des jumeaux de chaque paire a d'abord reçu un vaccin contre la rougeole, les oreillons, la rubéole (ROR) et en ensuite un placebo trois semaines plus tard tandis que l'autre jumeau de la paire a d'abord reçu un placebo et un vaccin ROR trois semaines plus tard. L'essai a été effectué à double insu, c'est-à-dire que ni les chercheurs ni les aides-soignants des sujets ne savaient si l'injection administrée était un vaccin ROR ou un placebo. Les événements indésirables ont été surveillés 21 jours après l'immunisation. Les résultats de cette étude classique sont présentés dans le Tableau 3 et confirment deux grands points. Premièrement, la fièvre est un événement courant dans l'enfance ayant touché 16 % à 18 % des sujets recevant un placebo, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un événement accidentel associé dans le temps et non lié au vaccin ni à la vaccination Deuxièmement, le risque de fièvre attribuable au vaccin ROR se situe entre 2 % et 6 % et a lieu dans l'intervalle de 7 à 12 jours après la vaccination.

Tableau 3 : Modèle croisé randomisé contrôlé par placebo pour établir la proportion de cas de fièvre attribuables au vaccin RORTableau 3 - Note de bas de page *
  Jours après l'injection
de 1 à 6 7 00 8 9 00 10 11 00 12 de 13 à 21
Vaccin ROR 17,2 % 20,3 % 24,0 % 19,9 % 16,2 %
Placebo 17,0 % 18,0 % 17,9 % 17,5 % 16,5 %
Différence ou risque attribuable 0,2 % 2,3 % 6,1 % 2,4 % −0,3 %

Une étude de cohorte épidémiologique est un autre moyen de calculer le risque attribuable au vaccin. Un exemple canadien est présenté dans la Figure 1. En l'occurrence, la cohorte de l'étude était des enfants vaccinés avec trois doses de vaccin contre l'hépatite B. Au nombre des résultats mesurés figuraient les maladies ou les symptômes cliniques compatibles avec un événement indésirable enregistré au cours d'un intervalle d'une semaine allant de quatre semaines avant et de trois semaines après chaque dose de vaccin. Les événements indésirables enregistrés ont subi une hausse dans la semaine après la vaccination contre l'hépatite B, mais sont retournés aux niveaux avant la vaccination par la suite. La hausse des événements indésirables causés par l'administration du vaccin contre l'hépatite B se limitait à la première semaine après la vaccination et se chiffrait à 44 %, à 26 % et à 38 % après les doses 1, 2 et 3 respectivement. Par conséquent, cela signifie que les chances qu'un événement indésirable ait lieu dans la première semaine suivant la première dose de vaccin augmentent de 44 %, risque que l'on a déterminé être attribuable au vaccin.

Figure 1 : Modèle d'étude de la cohorte pour établir la proportion d'événements indésirables attribuables au vaccin contre l'hépatite BFigure 1 - Note de bas de page *

Figure 1
Figure 1 : Modèle d'étude de la cohorte pour établir la proportion d'événements indésirables attribuables au vaccin contre l'hépatite BFigure 1 - Note de bas de page * - Équivalent textuel

Figure 1. Nombre total d'effets secondaires survenus au cours des semaines précédant et suivant chacune des trois doses du vaccin contre l'hépatite B et la proportion de ces effets secondaires qui est liée au vaccin (comparativement à l'incidence au cours de la semaine précédant la vaccination)

Un astérisque à côté du titre indique que la figure a été reproduite avec la permission de l'American Journal of Public Health de De Serres G et al. Importance of attributing risk in monitoring adverse events after immunization: hepatitis B vaccination in children. Am J Public Health 2001;91(2):313-315.

La figure 1 est un histogramme qui présente trois groupes de graphiques à barres représentant le nombre d'effets secondaires survenus au cours des quatre semaines précédant et des trois semaines suivant chacune des trois doses du vaccin contre l'hépatite B. (Les nombres sont approximatifs.) L'axe des Y représente le nombre d'effets secondaires. L'axe des X représente la période couvrant les semaines avant et après chacune des trois doses. Le premier groupe montre des barres qui représentent le nombre d'effets secondaires, qui varie d'un pic de 165 cas une semaine suivant la première dose à un creux de 64 cas trois semaines suivant la première dose. Des 165 cas d'effets secondaires survenus au cours de la première semaine suivant la première dose, 95 sont représentés dans la barre rose (référence) et 70 sont représentés dans la barre blanche. La barre blanche représente le risque relatif attribuable (RA). À côté de la flèche indiquant le moment où la première dose a été donnée, il est noté que le risque relatif était de 44 % (ce qui signifie que 44 % des effets secondaires survenus dans la première semaine suivant la vaccination sont liés au vaccin). Le deuxième groupe montre des barres qui représentent le nombre d'effets secondaires, qui varie d'un pic de 125 cas survenus au cours de la première semaine suivant la deuxième dose à un creux de 58 cas deux semaines avant la deuxième dose. Des 125 cas d'effets secondaires survenus au cours de la première semaine suivant la deuxième dose, 95 sont représentés dans la barre rose (référence) et 30 sont représentés dans la barre blanche (risque attribuable). À côté de la flèche indiquant le moment où la deuxième dose a été administrée, il est noté que le risque attribuable était de 26 %. Le troisième groupe montre des barres qui représentent le nombre d'effets secondaires, qui varie d'un pic de 82 cas une semaine suivant la troisième dose à un creux de 36 cas survenus au cours des trois semaines suivant la troisième dose. Des 82 cas d'effets secondaires survenus au cours de la première semaine suivant la troisième dose, 50 sont représentés dans la barre rose (référence) et 32 sont représentés dans la barre blanche (risque attribuable). À côté de la flèche indiquant le moment où la troisième dose a été administrée, il est noté que le risque attribuable était de 38 %.

 

La détermination d'un risque attribuable à un vaccin concernant les événements indésirables très rares (moins de 1 sujet sur 10 000) est difficile. Dans des essais contrôlés, il faut des populations d'étude de 30 000 et plus. Lorsque le vaccin avéré efficace est autorisé et commercialisé au Canada, il est contraire à l'éthique d'inclure des groupes recevant un placebo dans les études chez les populations pour qui le vaccin est recommandé. Donc, des méthodes épidémiologiques spéciales doivent être utilisées pour tenter de contrôler le biais, surtout en ce qui a trait à la distribution de la vaccination non randomisée chez la population.

Une méthode fructueuse permettant de déterminer le risque attribuable à un vaccin concernant des événements indésirables très rares est le modèle de série de cas autocontrôlés. Elle compare le risque d'un événement qui se produit au cours d'une période définie suivant la vaccination à d'autres intervalles de la vie de la même personne où aucune vaccination n'a eu lieu. Cette méthode a été appliquée avec succès pour traiter des controverses sur l'innocuité des vaccins (p. ex. absence de lien causal entre les vaccins ROR ou contenant du thimérosal et l'autisme) et pour mesurer le risque attribuable à un vaccin de certains événements rares (voir Institute of Medicine).

L'a-t-il causé? - Évaluation de causalité des groupes d'ESSI et des cas individuels

Dans l'investigation des groupes d'ESSI et des cas individuels, les responsables de l'investigation essaient de répondre à la question « L'a-t-il causé? » (c.-à-d. un des vaccins administrés a-t-il causé l'événement indésirable observé ou l'événement se serait-il produit quand même si le vaccin n'avait pas été administré).

Un ESSI est déclaré sur la base d'un soupçon par opposition à la certitude qu'un vaccin donné a causé un événement indésirable particulier. La cause réelle de l'ESSI peut être l'une des réactions suivantes définies par le Conseil des organisations internationales des sciences médicales (CIOMS) et le Groupe de travail de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur la pharmacovigilance des vaccins :

  • Réaction découlant d'un produit vaccinal : un ESSI causé ou précipité par un vaccin en raison d'une ou de plusieurs propriétés inhérentes au produit vaccinal. Par exemple :
    • ESSI courant à très courant : douleur au site de vaccination et œdème, fièvre
    • ESSI non courant : épisode hypotonique-hyporéactif (EHH) après la vaccination d'un nourrisson
    • ESSI rare : convulsion fébrile après un vaccin ROR
    • ESSI très rare : anaphylaxie après tout vaccin
  • Réaction découlant d'un défaut de la qualité du vaccin : un ESSI causé ou précipité par un vaccin en raison d'un ou de plusieurs défauts de la qualité du produit vaccinal, en particulier son dispositif d'administration tel que l'a fourni le fabricant. Un défaut de qualité désigne toute déviation du produit vaccinal fabriqué par rapport à ses spécifications de qualité énoncées. Un exemple de ce défaut s'est produit en 1955 lorsque les laboratoires Cutter ont omis d'inactiver au complet le poliovirus des lots de vaccins Salk, occasionnant des cas de poliomyélite. Cet incident a entraîné une surveillance réglementaire beaucoup plus rigoureuse de la production des vaccins et la mise en œuvre de bonnes pratiques de fabrication. Compte tenu du niveau actuel de surveillance réglementaire pour évaluer la qualité des vaccins, il est rare maintenant d'avoir une réaction découlant d'un défaut de la qualité d'un vaccin. Néanmoins, il faut envisager la possibilité et maintenir un niveau élevé de vigilance lorsque de nouveaux signes surgissent.
  • Réaction découlant d'une erreur d'immunisation : un ESSI causé par un usage inapproprié et qui est donc évitable par nature Un usage inapproprié désigne une manipulation, une prescription ou une administration d'un vaccin autre que ce qui est autorisé et recommandé dans une province ou un territoire quelconque, selon des preuves scientifiques ou une recommandation d'expert. Un exemple d'usage inapproprié est la constitution d'un nodule stérile au site de vaccination causé par l'emploi d'aiguilles trop courtes. Des aiguilles trop courtes provoquent un dépôt sous-cutané d'un vaccin contenant du sulfate d'aluminium devant être injecté par voie intramusculaire, occasionnant la formation d'un nodule stérile.
  • Réaction découlant de l'anxiété ayant trait à l'immunisation : un ESSI découlant de l'anxiété ayant trait à l'immunisation (p. ex. syncope ou hyperventilation).
  • Événement accidentel : Un ESSI causé par autre chose que le produit vaccinal, une erreur d'immunisation ou une anxiété ayant trait à l'immunisation (p. ex. une infection aiguë en incubation, mais non apparente du point de vue clinique au moment de l'immunisation; l'émergence d'un trouble génétique pas encore diagnostiqué au moment de l'immunisation.)

Chaque type d'événements indésirables mentionnés doit être considéré comme étant une cause fondamentale possible lorsqu'un signe d'innocuité d'un vaccin est détecté et vérifié. Parfois, ce n'est pas possible de déterminer exactement la cause fondamentale. Selon la gravité du signe, il peut s'avérer nécessaire de prendre des mesures réglementaires immédiates (p. ex. quarantaine ou rappel du lot) ou de procéder à une intervention de la santé publique (p. ex. suspendre ou modifier le programme d'immunisation) dans l'attente des résultats de l'investigation. Une investigation des signes demande un effort de coopération de plusieurs intervenants, notamment les responsables de la santé publique fédéraux, provinciaux et territoriaux, les organismes de réglementation de Santé Canada, les détenteurs d'une autorisation de mise en marché du vaccin et, souvent, des chercheurs du domaine de la vaccination.

Le causera-t-il? - Appliquer les preuves d'innocuité des vaccins à la communication des risques

Des preuves d'innocuité des vaccins, produites pendant toute la durée du cycle de vie du vaccin, permettent d'éclairer la discussion sur les risques-avantages tenue entre les fournisseurs de soins de santé et les vaccinés potentiels ou leurs aides-soignants. La détermination du risque attribuable au vaccin est ce qui est le plus utile. Par exemple, peut-on affirmer que le vaccin ROR peut entraîner une thrombocytopénie? Si l'on se fie aux grandes études épidémiologiques, on peut affirmer que le vaccin ROR entraînera une thrombocytopénie à toutes les 30 000 à 40 000 doses administrées. Des données probantes traitant d'autres événements indésirables sont disponibles dans le chapitre portant sur les vaccins de la partie 4 du présent Guide.

Partenaires mondiaux

La pharmacovigilance des vaccins constitue un effort mondial de la part de nombreux participants. Les partenaires mondiaux du Canada dans la pharmacovigilance des vaccins sont brièvement présentés ci-après accompagnés d'un lien menant à des renseignements plus détaillés.

Organisation mondiale de la Santé

L'(OMS) a le mandat des états membres d'élaborer, d'établir et de faire la promotion des normes internationales concernant un large éventail de produits, dont des produits biologiques comme les vaccins. Depuis 1965, l'OMS possède un programme de surveillance internationale des médicaments qui fonctionne à partir du Uppsala Monitoring Centre (site Web seulement disponible en anglais) en Suède. Le principal objectif du programme est la détection de signes d'innocuité à l'échelle mondiale.

En 1999, l'OMS a créé le Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale (GACVS) pour fournir des réponses indépendantes fondées sur les preuves aux problèmes d'innocuité de préoccupation mondiale Le comité d'experts tient ses réunions deux fois par année (habituellement en juin et en décembre) et publie ses conclusions et ses recommandations peu de temps après dans le Relevé épidémiologique hebdomadaire de l'OMS. Le comité consultatif maintient également un index sujets sur son site Web. Dans le cadre de son travail, le comité consultatif a créé le Vaccine Safety Net, qui dresse la liste des sites Web sur l'innocuité des vaccins qui ont adopté de bonnes pratiques d'information et en font la promotion.

Conseil des organisations internationales des sciences médicales

Le Conseil des organisations internationales des sciences médicales (CIOMS) (site Web seulement disponible en anglais) est un organisme international non gouvernemental et sans but lucratif créé conjointement par l'OMS et l'UNESCO en 1949 afin de faciliter et de promouvoir les activités internationales dans le domaine des sciences biomédicales, notamment faire des recommandations sur l'évaluation et la surveillance des réactions indésirables. L'OMS et le CIOMS ont mis sur pied conjointement un groupe de travail visant à élaborer des définitions pertinentes à la pharmacovigilance des vaccins (site Web seulement disponible en anglais), lesquelles ont été publiées en 2012.

Brighton Collaboration

Brighton Collaboration est un réseau d'experts mondial qui vise à établir des normes méthodologiques pour la pharmacovigilance des vaccins, notamment des définitions de cas normalisés pour les ESSI (site Web seulement disponible en anglais). Ces définitions de cas ont été adoptées par le Groupe de travail sur la vaccinovigilance et font partie dans une certaine mesure du Formulaire de rapport national des effets indésirables suivant l'immunisation.

Institute of Medicine

L'IOM (site Web seulement disponible en anglais) a été créé en 1970 par la United States National Academy of Sciences (NAS). Il fonctionne comme un organisme professionnel d'experts indépendants qui étudie des questions pertinentes à la santé publique. Depuis 2001, un critère absolu est nécessaire pour faire partie des comités d'examen de l'innocuité de la vaccination de l'IOM. Il s'agit de l'absence de toute association avec les fabricants de vaccins ou avec leurs organismes d'attache et de n'exercer aucune fonction en tant que témoin expert.

Pour chaque question étudiée, le comité de l'innocuité de la vaccination de l'IOM examine l'ensemble des preuves épidémiologiques, cliniques, expérimentales et théoriques pertinentes et assiste à des présentations des membres du public et des professionnels de la santé. Il adopte une position neutre pour commencer sans hypothèse préalable au sujet d'un lien positif ou négatif entre le vaccin et la question étudiée. Puis les preuves scientifiques sont examinées et les mécanismes biologiques d'un lien causal possible sont soigneusement étudiés. Avant la publication, chaque rapport est passé en revue par un groupe d'experts indépendant dont les membres sont choisis par la NAS et l'Institute of Medicine (IOM) et sont inconnus du comité. Les commentaires des examinateurs sont dûment pris en compte, mais, en dernier ressort, la publication du rapport final représente un consensus de la part du comité d'innocuité de l'IOM. Le site Web de l'IOM offre un accès à tous les rapports du comité, y compris les rapports les plus récents publiés en 2011 Le rapport du comité de 2011 (site Web seulement disponible en anglais) a étudié les preuves scientifiques liées à l'innocuité de huit vaccins (ROR, varicelle, grippe, virus du papillome humain [VPH], hépatite A, hépatite B, vaccin polysaccharidique contre le méningocoque, vaccin conjugué contre le méningocoque et vaccin contenant l'anatoxine diphtérique, l'anatoxine tétanique et un anticoquelucheux acellulaire [Tdap]). Le rapport du comité de 2013 (site Web seulement disponible en anglais) portait sur l'innocuité du calendrier de vaccination des États-Unis visant les nourrissons et les enfants.

Références choisies

  • Agence de la santé publique du Canada. F/P/T Renseignements des personnes contact pour les questions liées aux effets secondaires suivant l'immunisation. [consulté le 28 avril 2013]. Accès : http://www.phac-aspc.gc.ca/im/ci-rp-fra.php
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  • Council for International Organizations of Medical Sciences (CIOMS). Report of CIOMS/WHO Working Group on Vaccine Pharmacovigilance: Definition and Application of Terms for Vaccine Pharmacovigilance (site Web seulement disponible en anglais). 2012. [consulté en décembre 2012]. Accès : http://www.who.int/vaccine_safety/initiative/tools/CIOMS_report_WG_vaccine.pdf
  • Dellepiane N, Griffiths E, Milstien JB. New challenges in assuring vaccine quality. Bulletin WHO 2000;78(2):155-62.
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  • Immunisation Canada. Feuillet d'information - Information sur la vaccination qu'on trouve sur Internet : Est-ce qu'on peut se fier à ce qu'on lit? [consulté en novembre 2012 ]. Accès : http://immunize.ca/uploads/printed-material/imm_info_internet_2012_f.pdf
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  • Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale de l'Organisation mondiale de la Santé.
    Rapports des réunions semestrielles, y compris des listes sommaires des sujets abordés et des détails plein texte. [consulté en novembre 2012]. Accès : http://www.who.int/vaccine_safety/initiative/communication/network/vaccine_safety_websites/fr/
  • L'Organisation mondiale de la Santé Réseau pour la Sécurité des Vaccins (VSN). [consulté en novembre 2012]. Accès : http://www.who.int/vaccine_safety/initiative/communication/network/vaccine_safety_websites/fr/
  • L'Organisation mondiale de la Santé. Guidelines for preparing core clinical safety information on drugs - report of the Council for International Organizations of Medical Sciences (CIOMS) Working Group III. Geneva: WHO, 1994. (Chapter 5, Good Safety Information Practice).

Liste des abréviations

Abréviation Définition
ESSI Effet secondaire suivant l'immunisation
RA Risque attribuable
DPBTG Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques
SCSESSI Système canadien de surveillance des effets secondaires suivant l'immunisation
CIOMS Conseil des organisations internationales des sciences médicales
RCRSP Réseau canadien de renseignements sur la santé publique
SCC Service correctionnel du Canada
DIN Numéro d'identification du médicament
MDN Défense nationale et Forces canadiennes
DCaT Anatoxine diphtérique/toxoïde tétanique/anticoquelucheux acellulaire (dose réduite)
FPT Fédéral-provincial-territorial
DGSPNI Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits
GACVS Comité consultatif mondial de la sécurité vaccinale
BPC Bonnes pratiques cliniques
BPL Bonnes pratiques de laboratoire
BPF Bonnes pratiques de fabrication
EHH Épisode hypotonique-hyporéactif
DGPSA Direction générale des produits de santé et des aliments
VPH Virus du papillome humain
IMPACT Programme de surveillance active de l'immunisation
IOM Institute of Medicine
MedDRA Dictionnaire médical des activités de réglementation
DPSC Direction des produits de santé commercialisés
ROR Vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole
CCNI Comité consultatif national de l'immunisation
NAS United States National Academy of Sciences
AC Avis de conformité
P/T Provincial-territorial
ASPC Agence de la santé publique du Canada
GRC Gendarmerie royale du Canada
PGR Plan de gestion des risques
EIG Événement indésirable grave
UNESCO Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
GTVV Groupe de travail sur la vaccinovigilance
OMS Organisation mondiale de la Santé
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