Guide canadien d'immunisation : Partie 1 - Information clé sur l'immunisation

Avantages de l'immunisation

Mis à jour : août 2016

Avantages de l'immunisation

L'immunisation est l'une des plus importantes réalisations dans le domaine de la santé publique. Au cours des 50 dernières années, elle a permis l'élimination, l'endiguement et le contrôle de maladies qui étaient autrefois très courantes au Canada. Avant que les vaccins ne soient disponibles, bon nombre d'enfants canadiens ont été hospitalisés ou sont décédés après avoir contracté des maladies comme la diphtérie, la coqueluche, la rougeole et la poliomyélite. Aujourd'hui, bien que les bactéries et les virus causant ces maladies existent toujours, on observe rarement de telles maladies au Canada. Toutefois, si les programmes de vaccinations actuels étaient réduits ou interrompus, les maladies contrôlées au moyen de l'immunisation réapparaîtraient au Canada. Ce phénomène a été observé dans d'autres pays où d'importantes épidémies sont survenues à la suite de la diminution du taux d'immunisation, provoquant de nombreuses hospitalisations et décès évitables.

L'immunisation est importante à toutes les étapes de la vie. Les nourrissons et les jeunes enfants sont particulièrement sensibles aux maladies évitables par la vaccination, car leurs systèmes immunitaires sont moins développés et sont donc moins performants pour combattre l'infection. Par conséquent, ils doivent être immunisés en temps opportun. Les enfants plus âgés et les adultes ont également besoin d'être immunisés afin de rétablir leur immunité en déclin et de leur conférer une nouvelle immunité contre des maladies plus courantes chez les adultes.

L'immunisation protège directement les personnes qui reçoivent les vaccins. Grâce à l'immunité collective ou de groupe, l'immunisation contre de nombreuses maladies empêche également la propagation d'infections dans la collectivité, en plus de protéger indirectement les personnes suivantes :

  • les nouveau-nés qui n'ont pas encore reçu tous leurs vaccins;
  • les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons médicales, comme les personnes qui ont reçu une greffe d'organe ou qui suivent un traitement contre le cancer ou d'autres maladies;
  • les gens qui pourraient ne pas répondre adéquatement à l'immunisation, comme les personnes âgées.

Effet des vaccins sur les maladies évitables par la vaccination

Le tableau 1 et les figures 1, figure 2 et figure 3 montrent les effets des vaccins sur les maladies infectieuses au Canada. Veuillez consulter les chapitres sur les vaccins actifs de la partie 4 pour obtenir plus de renseignements sur l'efficacité des programmes d'immunisation contre certaines maladies évitables par la vaccination.

Tableau 1 : Incidence de certaines maladies évitables par la vaccination au Canada — Ère prévaccinale comparativement à la période 2007-2011
Maladie et répercussions Introduction de vaccins et déclaration des maladies Ère prévaccinale 2007 - 2011Tableau 1 - Note de bas de page 1
Période précédant l'introduction du vaccin Incidence annuelle moyenne sur 5 ans, sur 100 000 Nombre annuel maximal de casTableau 1 - Note de bas de page 2 Incidence annuelle moyenne sur 5 ans, sur 100 000 Nombre annuel maximal de cas

Abréviations :

ER = Embryopathie rubéolique
HB = Hépatite B
Hib = Haemophilus influenzae de type b
VPI = Vaccin antipoliomyélitique inactivé

Diphtérie

Infection de la gorge provoquant de graves difficultés respiratoires qui pourraient engendrer une asphyxie. Cette infection entraîne également la dissémination de la toxine diphtérique, qui provoque des lésions du cœur et du système nerveux central. Durant l'ère prévaccinale, le taux de létalité était d'environ 5 % à 10 %, avec le taux de mortalité le plus élevé chez les très jeunes et les personnes âgées.

  • Anatoxine diphtérique introduite en 1926
  • Immunisation systématique des nourrissons depuis 1930
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1924
1925-1929 84,2 9 010 0,006 4

Maladie invasive à Haemophilus influenzae de type b (Hib)

(enfants de moins de cinq ans)
Infection pouvant causer une otite moyenne, une méningite, une épiglottite, une bactériémie, une cellulite, une pneumonie ou une arthrite septique chez les jeunes enfants. Le taux de létalité de la méningite est d'environ 5 %. De 10 à 15 % des survivants ont des séquelles neurologiques graves, et une surdité survient dans 15 à 20 % des cas.

  • Vaccins introduits pour la première fois en 1986
  • Vaccin conjugué introduit en 1988
  • Immunisation systématique des nourrissons depuis 1988-1989
  • Début de la déclaration obligatoire de toutes les maladies invasives Hib à l'échelle nationale en 1986
1986-1990 30,1Tableau 1 - Note de bas de page 3 671 0,49Tableau 1 - Note de bas de page 3 18

Hépatite B (HB)

Entre 3 et 10 % des adultes atteints de cette infection souffriront d'une infection chronique qui mènera à un état de porteur chronique pouvant entraîner une cirrhose, un cancer du foie et un décès.

  • Immunisation universelle contre l'hépatite B des adolescents mise en œuvre au début et au milieu des années 1990
  • Début de la déclaration obligatoire des cas d'infections par le virus de l'hépatite B à l'échelle nationale en 1969
1989-1993 9,1Tableau 1 - Note de bas de page 4 3 378Tableau 1 - Note de bas de page 5 5,3Tableau 1 - Note de bas de page 6 2 011Tableau 1 - Note de bas de page 7

Rougeole

Une bronchopneumonie et une otite moyenne surviennent dans environ 1 cas sur 10 et une encéphalite apparaît dans 1 cas sur 1 000 (15 % des cas se soldent par un décès et 25 % des cas présentent des séquelles neurologiques). Le taux de létalité est de 1 à 2 pour 1 000 cas. La panencéphalite sclérosante subaiguë est une complication rare, mais mortelle.

  • Autorisation du vaccin vivant en 1963
  • Programme de vaccination universelle mis en œuvre en 1983
  • Introduction d'un calendrier d'immunisation au moyen de deux doses du vaccin contenant le virus de la rougeole en 1996-1997
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1924 (aucune déclaration de 1959 à 1968)
1950-1954 372,7 61 370 0,60Tableau 1 - Note de bas de page 8 752Tableau 1 - Note de bas de page 8

Méningococcie invasive du sérogroupe C

La méningococcie invasive entraîne souvent l'apparition d'une méningite ou d'une septicémie. Les cas graves peuvent mener au délire et au coma et, en l'absence de traitement, au choc et à la mort. Le taux de létalité est de 10 %, et entre 10 et 20 % des survivants présentent des séquelles durables, notamment une amputation de doigts ou de membres, diverses atteintes neurologiques et une surdité.

  • Vaccins polysaccharidiques introduits au Canada pour la toute première fois en 1981
  • Programmes d'immunisation systématique des nourrissons ou des tout-petits utilisant des vaccins conjugués introduits partout au Canada entre 2002 et 2006
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1924
1997-2001 0,30 186 0,06 30

Oreillons

Environ 40 % des personnes infectées présentent une parotidite aiguë, qui est unilatérale dans environ 25 % des cas. Les complications comprennent l'orchite (pour 20 % à 30 % des hommes pubères), l'oophorite (pour 5 % des femmes pubères), la méningite (moins de 10 % des cas), la surdité (de 0,5 à 5 cas sur 100 000) et l'encéphalite (moins de 1 cas sur 50 000). Dans de rares cas, les oreillons entraînent une infertilité permanente.

  • Autorisation du vaccin en 1969
  • Programme de vaccination universelle mis en œuvre en 1983
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1924 (aucune déclaration de 1960 à 1985)
1950-1954 251,2 43 671 1,84 1 110

Coqueluche

Les nourrissons sont les plus touchés par les complications, telles que des vomissements après une quinte de toux, une perte de poids, des problèmes respiratoires, des crises de suffocation, une pneumonie, des convulsions, une encéphalopathie et un décès. Les enfants plus âgés et les adultes peuvent développer une toux persistante.

  • Autorisation du vaccin anticoquelucheux à germes entiers en 1943
  • Remplacement du vaccin anticoquelucheux à germes entiers par le vaccin anticoquelucheux acellulaire en 1997-1998
  • Autorisation de la préparation vaccinale acellulaire pour les adolescents et les adultes en 1999
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1924
1938-1942 156,0 19 878 3,88 1 961

Poliomyélite

Une paralysie survient dans moins de 1 % des cas d'infection, mais entre 2 et 5 % des enfants et entre 15 et 30 % des adultes paralysés décèdent de la maladie.

  • Homologation du vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) en 1955
  • Autorisation du vaccin antipoliomyélitique par voie orale en 1962 et utilisation au Canada jusqu'en 1996
  • Immunisation principalement par le VPI depuis 1996
1950-1954 17,5 5 384 0 0

Rubéole et embryopathie rubéolique (ER)

Bien que la rubéole ne soit généralement pas une maladie grave, une encéphalite survient dans 1 cas sur 6 000. Toutefois, l'infection rubéolique pendant la grossesse peut provoquer une ER. L'infection durant les 10 premières semaines de grossesse présente un risque d'ER de 85 %. L'ER peut entraîner un avortement spontané, l'accouchement d'un fœtus mort-né ou des malformations fœtales (comme une cardiopathie congénitale, des cataractes, une surdité ou une déficience intellectuelle).

  • Introduction du vaccin contre la rubéole en 1969
  • Programme de vaccination universelle mis en œuvre en 1983
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1924
  • Début de la déclaration obligatoire de l'ER à l'échelle nationale en 1979
  • Rubéole :
    1950-1954

  • ER :
    1979-1983

  • Rubéole :
    37 917

  • ER : 29

  • Rubéole :
    10

  • ER : 1

Tétanos

Infection provoquant une rigidité générale et des spasmes convulsifs, qui entraîne un décès dans environ 10 % des cas. Le taux de mortalité est plus élevé chez les nourrissons.

  • Anatoxine tétanique introduite en 1940
  • Début de la déclaration obligatoire de la maladie à l'échelle nationale en 1957
1935-1939 0,13 25 0,01 6
 

Figure 1 : Nombre de cas déclarésNote de bas de page 1 et taux d'incidence d'Haemophilus influenzae de type b (Hib)Note de bas de page 1 au Canada, 1979-2010Note de bas de page 2

Figure 1 : Infections à Haemophilus influenzae de type b - Nombre de cas déclarés et taux d'incidence, Canada, 1979-2010

Abréviations :
Hib = Haemophilus influenzae de type b
PRP-D = Vaccin conjugué contre Hib contenant un polysaccharide capsulaire purifié de Hib (polyribosylribitol phosphate [PRP]) lié par covalence à une protéine diphtérique.

Équivalent textuel - Figure 1 : Nombre de cas déclarés et taux d'incidence d'Haemophilus influenzae de type b (Hib), 1979-2010

L'image représente un histogramme indiquant le nombre de cas déclarés d'Haemophilus influenzae; de type b (Hib) au Canada au fil du temps. Un graphique superposé indique les taux d'incidence de l'Haemophilus influenzae; de type b (Hib) au Canada au fil du temps. L'axe des x représente la période entre 1979 et 2010. L'axe des y à gauche représente le nombre de cas déclarés, de « 0 » (partie inférieure) à « 1 200 » (partie supérieure). L'axe des y à droite représente les taux d'incidence pour 100 000 habitants, de « 0 » (partie inférieure) à « 4 » (partie supérieure). Les barres représentent le nombre de cas déclarés et la ligne bleue le taux d'incidence de l'Haemophilus influenzae; de type b. En 1979, le nombre de cas déclarés de méningite à Haemophilus influenzae; de type b était de 220. Les cas de méningite à Haemophilus influenzae; de type b ont augmenté régulièrement pour atteindre environ 510 en 1985. Le nombre de cas invasifs déclarés d'Haemophilus influenzae; de type b a atteint un sommet de près de 900 en 1989. Le PRP-D a été introduit en 1988Note de bas de page 3. Selon une des remarques au bas de l'histogramme, le PRP-D est un vaccin conjugué contre l'Haemophilus influenzae; de type b qui contient un polysaccharide capsulaire purifié d'Haemophilus influenzae; de type b, le polyribosylribitolphosphate, lié par covalence à la protéine diphtérique. Le nombre de cas déclarés a chuté brusquement à environ 530 en 1990, puis régulièrement jusqu'à environ 30 en 1999. Le nombre est demeuré stable, à ce niveau, jusqu'en 2010.

Le taux d'incidence de la méningite à Haemophilus influenzae; de type b était de près de 1 pour 100 000 habitants en 1979 et a augmenté régulièrement depuis pour atteindre 2 pour 100 000 habitants en 1985. Toutes les maladies invasives causées par l'Haemophilus influenzae; de type b avaient atteint un taux d'incidence de 2,7 en 1986. Au moment où le vaccin conjugué contre l'Haemophilus influenzae; de type b, le PRP-D, a été introduit en 1988, le taux d'incidence était de 3 pour 100 000 d'habitants. Le taux d'incidence maximum pour toutes les maladies invasives causées par l'Haemophilus influenzae; de type b au Canada était d'environ 3,7 en 1989. Depuis, l'incidence a diminué brusquement et régulièrement au fil des ans. Le taux était d'environ 1 en 1992 et est tombé à moins de 0,5 pour 100 000 habitants en 1993. Il est descendu à près de 0,1 en 1999, puis s'est maintenu près de 0,2 de 2000 à 2008. En 2010, l'incidence n'était pas plus de 0,1 pour 100 000 habitants.

Une remarque au bas du tableau indique que « les données sur les cas ont été obtenues auprès du Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire » et que « les données démographiques étaient fondées sur les estimations annuelles de Statistique Canada en date du 1er juillet ». Elle mentionne également que « les données de 2009 et de 2010 constituent des données préliminaires ».

Une autre remarque précise que « seule la méningite à Haemophilus influenzae; de type b était à déclaration obligatoire entre 1979 et 1985, mais que par la suite, toutes les maladies invasives dues à l'Haemophilus influenzae; de type b sont devenues à déclaration obligatoire ».

 

Figure 2 : Nombre de cas déclarés et taux d'incidence de la diphtérie au Canada, 1924-2008

Figure 2 : Diphtérie - Nombre de cas déclarés et taux d'incidence, Canada, 1924-2008
Équivalent textuel - Figure 2 : Nombre de cas déclarés et taux d'incidence de la diphtérie au Canada, 1924-2008

L'image comprend deux graphiques présentant les cas déclarés de diphtérie et l'incidence de la diphtérie au Canada. Le plus grand graphique illustre la tendance de l'incidence de la diphtérie au fil des ans, l'axe des x représentant la période entre 1924 et 2008, exprimée en années. L'axe des y représente le taux pour 100 000 personnes, de « 0 » (partie inférieure) à « 120 » (partie supérieure). La ligne orange à l'intérieur du graphique qui montre les taux d'incidence représente la tendance depuis 1924, lorsque le taux d'incidence était de près de 98 cas pour 100 000 personnes. Bien que ce taux soit tombé à environ 75 en 1926, il a rapidement atteint un sommet de 90 en 1927. Il est évident que l'introduction de l'anatoxine diphtérique en 1926 en entraîné un déclin très important de l'incidence à partir de 1929 ou aux alentours. Le taux a chuté à moins de 20 en 1936. Un autre sommet d'à peu près 32 a été atteint aux alentours de 1938, puis le taux d'incidence a chuté à 20 en 1941. Bien qu'il ait continué à fluctuer aux alentours de 25 jusqu'en 1944, il a commencé à décliner par la suite, atteignant 10 pour 100 000 habitants en 1947 et près de 0 en 1969. Il est demeuré à environ 0 jusqu'en 1984. Aucun rapport du taux d'incidence n'est disponible depuis 1984.

La ligne orange foncé du petit graphique illustrant les cas déclarés de diphtérie montre la tendance depuis 1955, jusqu'en 2008. L'axe des x du graphique représente la période entre 1955 et 2008, exprimée en années. L'axe des y représente le nombre de cas déclarés, de « 0 » (partie inférieure) à « 200 » (partie supérieure). Commençant à environ 137 en 1955, le sommet initial semble avoir été atteint aux alentours de 1957, suivi d'un déclin rapide pour atteindre environ 37 en 1960. Le nombre de cas est passé à près de 90 en 1962. Un autre déclin passager peut être observé aux alentours de 1965, c'est-à-dire lorsque le nombre de cas a chuté à 25. Les cas de diphtérie ont augmenté régulièrement au cours de la décennie suivante, atteignant un niveau record de près de 175 en 1974. Ils sont ensuite tombés à 100 en 1975. À l'exception d'une autre augmentation portant le nombre de cas à 125 en 1977, ce nombre a chuté brusquement à moins de 100 en 1982. Le nombre de cas de diphtérie a continué d'être en baisse, atteignant 0 en 1990 et se situant près de 0 depuis.

Les remarques au bas de la figure indiquent les sources des données démographiques, notamment : « Statistique Canada, Population par sexe et par âge, 1921-1971, estimations annuelles révisées de la population pour le Canada et les provinces (91-512 au catalogue) et Statistique Canada, Estimations de la population 0-90+ Juillet, Canada-Provinces, 1971-2008.xls ».

 

Figure 3 : Nombre de cas déclarés et taux d'incidence de la rubéole au Canada, 1979-2010

Figure 3 : Rubéole - Nombre de cas déclarés et taux d'incidence, Canada, 1979-2010

Abréviation : RRO = rougeole, rubéole, oreillons

Équivalent textuel - Figure 3 : Nombre de cas déclarés et taux d'incidence de la rubéole au Canada, 1979-2010

L'image ci-dessus est un histogramme qui représente le nombre de cas signalés sur lequel est superposé un graphique qui indique les taux d'incidence de la rubéole au Canada au fil du temps. L'axe des x représente la période entre 1979 et 2010. L'axe des y à la gauche représente le nombre de cas de rubéole, de « 0 » (partie inférieure) à « 9 000 » (partie supérieure). L'axe des y à la droite représente les taux d'incidence pour 1 000 000 d'habitants, de « 0 » (partie inférieure) à « 400 » (partie supérieure). Les barres représentent le nombre de cas de rubéole, et la ligne noire, le taux d'incidence de la rubéole. En 1979, le nombre de cas signalés atteignait son plus haut niveau, avec près de 8 200 cas. Depuis, le nombre de cas et les taux d'incidence ont connu une baisse constante, à part quelques pics. Bien que le nombre de cas ait diminué pour atteindre près de 3 000 en 1980 et moins de 2 000 en 1981, il a ensuite connu une augmentation constante pour atteindre un autre pic d'environ 7 500 en 1983, année au cours de laquelle l'injection systématique en une dose du vaccin ROR a été lancée. Le nombre de cas a fortement diminué pour devenir inférieur à 2 000 en 1984, avant de grimper à plus de 3 000 en 1986 pour baisser de nouveau à moins de 1 000 en 1988. Après quelques fluctuations au cours des années subséquentes, le nombre de cas a connu une régression pour atteindre près de 100 cas entre 1994 et 1996, avant de croître une nouvelle fois en 1997 pour atteindre un pic de 4 000. L'injection systématique en deux doses du vaccin ROR en 1996 et 1997 semble y être pour quelque chose : le nombre de cas n'a cessé de diminuer, pour approcher 0 en 1998. À l'exception d'une légère augmentation (près de 200 cas en 2005), le nombre de cas est demeuré près de 0.

La ligne noire symbolisant le taux d'incidence déclaré de la rubéole indique un déclin; le taux est passé d'un pic de près de 337 cas pour 1 000 000 d'habitants en 1979 à 80 cas en 1981, pour atteindre un autre pic de 300 cas en 1983, année coïncidant avec l'introduction de l'injection systématique en une dose du vaccin ROR. Le taux d'incidence déclaré a diminué, pour atteindre moins de 100 cas en 1984. Après avoir connu quelques fluctuations, le taux a décliné pour atteindre une douzaine de cas en 1994. Après une forte augmentation en 1997 avec 140 cas, la ligne approchait 0 au milieu de l'année 1998, après l'introduction de l'injection systématique en deux doses du vaccin ROR en 1996 et en 1997. En 2005, le taux d'incidence de la rubéole au Canada a augmenté pour atteindre environ 10 cas pour 1 000 000 d'habitants, avant de diminuer à 0 l'année suivante. Il n'y a eu aucun cas signalé et, par conséquent, aucun taux d'incidence entre 2003 et 2004 ainsi qu'après 2006.

Coûts-avantages des vaccins

Les maladies évitables par la vaccination engendrent des coûts considérables pour les individus, le système de soins de santé et la société, notamment des coûts associés à l'absentéisme au travail ou à l'école, aux consultations auprès de fournisseurs de soins de santé, aux hospitalisations et aux décès prématurés. L'immunisation est l'une des interventions en santé publique les plus bénéfiques et les plus économiques.

De nombreux vaccins permettent de faire des économies au chapitre des soins de santé (veuillez consulter le tableau 2). En d'autres mots, le coût de mise en œuvre du programme d'immunisation est inférieur au coût associé au traitement de la maladie qui serait survenue en l'absence d'un tel programme. Puisque l'immunisation à l'aide de ces vaccins maintient la santé et se traduit par des économies, la décision de les inclure dans les programmes d'immunisation financés par l'État va de soi. D'autres vaccins, particulièrement ceux administrés dans le cadre des programmes d'immunisation systématique, sont très rentables, ce qui signifie que leur coût est inférieur aux économies qu'ils engendrent pour les soins de santé ou la société.

Tableau 2 : Économies réalisées grâce aux programmes d'immunisation sélectionnés
Programme d'immunisation Économies réalisées par dollar (1 $) dépensé
Vaccin contre la grippe pour les adultes d'un âge égal ou supérieur à 65 ans 45 $
Vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole pour les enfants 16 $
Vaccin polysaccharidique contre le pneumocoque pour les adultes d'un âge égal ou supérieur à 65 ans 8 $
Vaccin contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos pour les enfants 6 $

Bien que les vaccins les plus récents aient tendance à être plus coûteux et pourraient donc ne pas être rentables, ils se comparent très favorablement avec les autres interventions en santé publique en ce qui concerne les coûts par année de vie gagnée (veuillez consulter le tableau 3). Au Canada, l'évaluation des avantages et des coûts des nouveaux programmes d'immunisation est effectuée par les provinces et les territoires. Veuillez consulter la section se rapportant à l'immunisation au Canada de la partie 1 pour obtenir de plus amples renseignements sur l'élaboration de politiques et de programmes d'immunisation.

Tableau 3 : Coûts par année de vie gagnée pour les programmes d'immunisation sélectionnés et les autres interventions en santé publique (adapté des références)
Intervention en santé publique Coûts par année de vie gagnéeTableau 3 - Note de bas de page 1
Vaccins
Dépistage de l'hépatite B au cours de la grossesse et immunisation des enfants des porteurs 164 $
Programme d'immunisation en milieu scolaire des filles de 12 ans par le vaccin contre le virus du papillome humain 12,921 $
Vaccin contre la varicelle pour les enfants 16,000 $
Vaccin conjugué contre le pneumocoque pour les enfants 125,000 $
Autres interventions
Loi sur le port obligatoire de la ceinture de sécurité 69 $
Chloration de l'eau potable 3 100 $
Counseling sur l'abandon du tabac De 1 000 $ à 10 000 $
Dépistage annuel du cancer du col de l'utérus 40 000 $
Coussins de sécurité gonflables pour le conducteur et le passager, ceintures sous-abdominales (par opposition au coussin de sécurité gonflable pour le conducteur seulement et aux ceintures ordinaires) 61 000 $
Détecteurs de fumée domestiques 210 000 $
Bras de sécurité à l'avant des autobus scolaires 410 000 $
Norme relative à l'émission de radiations pour les centrales nucléaires 100 000 000 $

Références choisies

  • Centers for Disease Control and Prevention. An ounce of prevention - what are the returns? 2ème édition, 1999. Consulté en juillet 2015. Accès : http://www.cdc.gov/mmwr/PDF/other/ozprev.pdf
  • Centers for Disease Control and Prevention. Basics and Common Questions: How Vaccines Prevent Disease. Consulté en juillet 2015. Accès : http://www.cdc.gov/vaccines/parents/vaccine-decision/prevent-diseases.html
  • Centers for Disease Control and Prevention. Basics and Common Questions: What Would Happen If We Stopped Vaccinations? Consulté en juillet 2015. Accès : http://www.cdc.gov/vaccines/vac-gen/whatifstop.htm
  • Centers for Disease Control and Prevention. Basics and Common Questions: Why Immunize? Consulté en juillet 2015. Accès : http://www.cdc.gov/vaccines/vac-gen/why.htm
  • Centers for Disease Control and Prevention. Vaccine Contraindications and Precautions: Recommendations and Guidelines. Consulté en juillet 2015. Accès : http://www.cdc.gov/vaccines/recs/vac-admin/contraindications.htm
  • Coyle D, Coyle K, Bettinger JA et al. Cost effectiveness of infant vaccination for rotavirus in Canada. Can J Infect Dis Med Microbiol 2012;23(2):71-77.
  • Ess SM, Szucs TD. Economic evaluation of immunization strategies. Clin Infect Dis 2002;35:294-7.
  • Vaccins et vaccination : la situation dans le monde. Genève (Suisse) : Organisation mondiale de la Santé; 2009; 3e édition. Consulté en juillet 2015. Accès : http://apps.who.int/iris/bitstream/10665/44209/1/9789242563863_fre.pdf
  • Schiefele, David W. The Impact of Vaccines in Canada: More Than a Century of Success. Consulté en juillet 2015. Accès : http://www.onehealth.ca/r_alberta_nwt/video_conferences/R080312B-HOa.pdf
  • Tengs, TO, Adams ME, Pliskin JS et al. Five hundred live-saving interventions and their cost-effectiveness. Risk Anal 1995;15:369-90.
  • Tully S, Anonychuk A, Sanchez D et al. Time for change? An economic evaluation of integrated cervical screening and HPV immunization programs in Canada. Vaccine 2012;30:425-35.
Date de modification :