Guide canadien d'immunisation : Partie 1 - Information clé sur l'immunisation

Calendrier d'administration des vaccins

Mis à jour : septembre 2016

Considérations générales

Pour que les calendriers de vaccination recommandés offrent une protection optimale, ils doivent être respectés le plus étroitement possible. Cependant, cela n'est pas toujours possible; par exemple, il se peut que les gens manquent un rendez-vous ou qu'ils ne soient pas disponibles lorsque le vaccin devrait être administré. Ce chapitre définit les facteurs à prendre en compte par les vaccinateurs lorsqu'il est nécessaire d'administrer un vaccin à l'extérieur de l'intervalle recommandé.

Voir le chapitre Calendriers d'immunisation recommandés de la partie 1 pour obtenir de plus amples renseignements sur le calendrier de vaccination systématique des enfants et des nourrissons, ainsi que les calendriers d'immunisation recommandés pour les personnes n'ayant jamais été vaccinées. Voir les chapitres pertinents de la partie 3 (Vaccination de populations particulières) afin d'obtenir les recommandations en matière d'intervalles pour les sujets immunodéprimés et les personnes atteintes de maladies chroniques.

Retards dans les calendriers de vaccination

Le fait de manquer un rendez-vous constitue l'une des raisons principales du non-respect du calendrier de vaccination recommandé, ce qui se traduit par un intervalle plus long que recommandé entre les doses d'un vaccin. Quel que soit l'intervalle entre les doses, on ne reprend généralement pas à zéro une série de vaccins qui a été interrompue, car les retards entre les doses ne diminuent pas la concentration finale d'anticorps de la plupart des produits multidoses. Cela dit, la protection pourrait ne pas être maximale tant que la série complète de vaccins n'aura pas été administrée. Il y a cependant certaines exceptions :

  • Vaccin contre le choléra et la diarrhée du voyageur : Pour obtenir des recommandations si la primovaccination contre le choléra et la diarrhée du voyageur est interrompue, voir le chapitre Vaccin contre le choléra et la diarrhée du voyageur due à Escherichia Coli entérotoxinogène (ECET) de la partie 4.
  • Vaccin contre la rage comme prophylaxie post-exposition : Le calendrier de vaccination doit être respecté le plus étroitement possible; de plus, il est essentiel que toutes les doses recommandées du vaccin soient administrées. Si une dose du vaccin est retardée, elle doit être administrée dès que possible, et le calendrier doit se poursuivre. Si le calendrier de vaccination a été modifié au point où l'on doute de la pertinence de la réponse immunitaire, il faut obtenir une sérologie post-vaccination de 7 à 14 jours après l'administration complète de la série de vaccins antirabiques. Voir le chapitre Vaccin contre la rage de la partie 4 pour obtenir de plus amples renseignements.

Calendriers de vaccination accélérés

Dans des circonstances exceptionnelles, comme un voyage imprévu ou une situation d'éclosion où la série de vaccins multidoses doit être complétée le plus rapidement possible, un calendrier de vaccination accéléré peut être utilisé. La vaccination complète peut être obtenue grâce à l'administration de doses à des intervalles plus rapprochés que ceux recommandés ou avant l'âge recommandé.

Doses administrées à des intervalles plus rapprochés que ceux recommandés

Lorsque des doses de vaccin sont administrées à des intervalles plus rapprochés que ceux recommandés, il est important de connaître l'intervalle minimum entre les doses pour obtenir une réponse immunitaire adéquate. Par exemple, l'intervalle recommandé entre chacune des trois premières doses de la série de vaccination des enfants contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche (vaccin acellulaire contre la coqueluche) et la poliomyélite (vaccin antipoliomyélitique inactivé) est de huit semaines. Toutefois, les trois premières doses peuvent être administrées à un intervalle minimum de quatre semaines, au besoin.

Voir les chapitres de la partie 4 qui portent sur les vaccins pour obtenir de plus amples renseignements sur les intervalles recommandés et minimums entre les doses pour l'administration des vaccins.

Doses administrées avant l'âge recommandé

L'âge recommandé pour recevoir un vaccin est basé sur l'âge auquel le risque de contracter la maladie est le plus élevé et pour lequel l'innocuité et l'efficacité du vaccin ont été démontrées. Lorsque des doses de vaccin sont administrées avant l'âge recommandé, il est important de connaître l'âge minimum pour l'administration du vaccin, car l'administration de doses avant l'âge recommandé peut diminuer la réponse immunitaire. Par exemple, l'âge minimum pour le vaccin antigrippal est de six mois, car le vaccin n'est pas aussi efficace chez les nourrissons plus jeunes.

Il peut y avoir des circonstances où il est indiqué d'administrer un vaccin quelques jours avant l'âge recommandé afin de s'assurer que le vaccin est reçu (par exemple, administrer un vaccin quelques jours d'avance à un enfant qui atteindra l'âge minimum pour se faire vacciner au cours de la fin de semaine à venir). Toutefois, si un vaccin est administré avant l'âge recommandé, généralement la dose doit être répétée lorsque la personne atteint l'âge recommandé ou après cette date. Par exemple, le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) peut être administré à partir de l'âge de six mois; or, deux doses supplémentaires du vaccin contenant la rougeole doivent être administrées après le premier anniversaire de l'enfant pour assurer une immunité à long terme contre la rougeole.

Voir les chapitres de la partie 4 qui portent sur les vaccins pour obtenir de plus amples renseignements sur les âges recommandés et minimums pour l'administration des vaccins. Voir le chapitre Immunisation des voyageurs de la partie 3 pour obtenir plus de renseignements sur les calendriers de vaccination accélérés pour la protection de la santé des voyageurs.

Administration simultanée de vaccins

Si l'on tient compte de l'âge minimum et de l'intervalle minimum entre les doses, la plupart des vaccins systématiques peuvent être administrés de façon sécuritaire et efficace au cours de la même visite. Si une personne a du retard dans son calendrier de vaccination, l'administration de plusieurs vaccins au cours de la même visite est un moyen de se rattraper. En général, toutes les doses de vaccin qu'une personne peut recevoir au cours d'une seule visite devraient lui être administrées afin d'accroître la probabilité d'une immunisation complète. L'administration de vaccins multiples est particulièrement importante dans le cas de personnes qui se préparent à voyager ou lorsqu'on doute que la personne revienne pour les autres vaccins. Voir le chapitre Méthodes d'administration des vaccins de la partie 1 pour obtenir de plus amples renseignements sur l'administration d'injections multiples.

Vaccins inactivés

En général, les vaccins inactivés peuvent être administrés de manière concomitante avec d'autres vaccins inactivés ou vivants, ou n'importe quand avant ou après l'administration de ces types de vaccin. Les exceptions comprennent les préparations vaccinales différentes qui protègent contre la même maladie, lesquelles doivent être administrées au cours de visites différentes (par exemple, vaccin conjugué contre le pneumocoque et vaccin polysaccharide contre le pneumocoque. Dans le cas de vaccins administrés par voie parentérale au cours de la même visite, les points d'injection ne doivent pas être les mêmes, et une aiguille et une seringue différentes doivent être utilisées. Voir les chapitres sur les vaccins pertinents de la partie 4 pour obtenir de plus amples renseignements.

Vaccins vivants

Les vaccins vivants administrés par voie parentérale peuvent être donnés en même temps que d'autres vaccins au cours de la même visite, mais à des points d'injection différents, et à l'aide d'aiguilles et de seringues distinctes. En général, lorsque deux vaccins vivants à administration parentérale ne sont pas administrés simultanément, il faut attendre au moins 4 semaines avant de donner le second vaccin vivant à administration parentérale. Lorsque deux vaccins vivants à administration parentérale sont administrés à moins de quatre semaines d'intervalle, la réponse immunitaire au deuxième vaccin peut être moindre en raison de la réponse immunitaire au premier vaccin. Dans ce cas, la dose du deuxième vaccin est considérée comme invalide, et elle doit être répétée après l'intervalle recommandé. Les vaccins à composant antivaricelleux font exception à cette règle, puisqu’ils ne doivent pas être administrés en concomitance avec le vaccin contre la variole. S’il est nécessaire d’administrer les deux vaccins, le vaccin à composant antivaricelleux doit être administré au moins quatre semaines avant ou après le vaccin contre la variole. Voir les chapitres Vaccin contre la varicelle, Vaccin contre le zona et Vaccin contre la variole de la partie 4 pour obtenir de plus amples renseignements.

Les vaccins vivants administrés par voie orale et les vaccins vivants par voie intranasale peuvent être donnés en même temps que d'autres vaccins vivants ou inactivés ou à tout moment avant ou après tout autre vaccin vivant ou inactivé, peu importe la voie d'administration de l'autre vaccin. Les exceptions comprennent le vaccin oral contre le choléra (inactivé) et le vaccin oral contre la typhoïde (vivant), qui doivent être administrés à au moins huit heures d'intervalle.

Voir le chapitre Produits sanguins, immunoglobulines humaines et moment de l'immunisation de la partie 1 pour connaître les lignes directrices concernant l'intervalle entre l'administration de préparations d'immunoglobulines ou d'autres produits sanguins et l'administration du vaccin ROR (contre la rougeole, les oreillons et la rubéole), du vaccin RORV (contre la rougeole, les oreillons, la rubéole et la varicelle) ou du vaccin monovalent contre la varicelle. Voir le chapitre Agents d'immunisation passive de la partie 5 pour obtenir de plus amples renseignements sur l'administration simultanée de produits d'immunoglobulines spécifiques (comme l'immunoglobuline anti-hépatique B, l'immunoglobuline antirabique et l'immunoglobuline antitétanique) et de vaccins.

Références choisies

  • American Academy of Pediatrics. Dans : Pickering L.K., Baker C.J., Kimberlin D.W. et al. (dir.). Red Book: 2012 Report of the Committee on Infectious Diseases. 29e éd. Elk Grove Village, IL: American Academy of Pediatrics; 2012.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Health Information for International Travel 2014. The Yellow Book (site Web seulement disponible en anglais). Consulté en juin 2015.
  • Centers for Disease Control and Prevention. General recommendations on immunization: recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP). MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2011;60(RR-2):1-61.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Typhoid immunization: recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP). MMWR Morb Mortal Wkly Rep 1994;43(RR-14):1-7.
  • Centers for Disease Control and Prevention. Yellow fever vaccine: Recommendations of the Advisory Committee on Immunization Practices (ACIP), 2002. MMWR Morb Mortal Wkly Rep 2002; 51(RR-17):1-10.
  • DeStefano F., Goodman R.A., Noble G.R. et al. Simultaneous administration of influenza and pneumococcal vaccines. JAMA 1982; 247(18):2551-54.
  • Halperin S., McDonald J., Samson L. et al. Simultaneous administration of meningococcal C conjugate vaccine and diphtheria-tetanus-acellular pertussis-inactivated poliovirus-Haemophilus influenzae type b conjugate vaccine in children: a randomized double-blind study. Clin Invest Med 2002;25(6):243-51.
  • King G.E., Hadler S.C. Simultaneous administration of childhood vaccines: an important public health policy that is safe and efficacious. Pediatr Infect Dis J 1994;13(5):394-407.
  • Yvonnet B., Coursaget P., Deubel V. et al. Simultaneous administration of hepatitis B and yellow fever vaccines. Journal of Medical Virology 1986;19(4):307-11.
Date de modification :