Directive provisoire : Prise en charge par la santé publique des cas de la maladie à Virus Ebola (VE) et de leurs contacts dans la collectivité au Canada

22 juin 2015

La stratégie exposée dans la présente directive vise à prendre en charge rapidement les cas et les contacts (c.-à-d. réduire les possibilités de transmission à des contacts et assurer l'évaluation sans délai des contacts). La présente directive a pour objectif d'endiguer la maladie.

La présente directive met à jour l'ancienne directive de Prise en charge par la santé publique des cas de maladie humaine et de leurs contacts en lien avec la Maladie à Virus Ebola (MVE) (23 août 2014). La mise à jour de la directive:

Le présent document est fondé sur les données scientifiques actuellement disponibles, sur les points de vue d'experts et sur les directives offertes par d'autres pays et agences tel que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies (CEPCM), le Royaume-Uni et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États -Unis. Il peut être modifié à mesure que de nouveaux renseignements deviennent disponibles. Il doit être lu de concert avec les lois, les règlements et les politiques applicables aux échelons fédéral, provincial et territorial (F/P/T) et adapté au contexte local si nécessaire. Le document a été préparé en tenant compte de la situation au Canada et peut donc différer de directives élaborées dans d'autres pays.

Public cible et portée

Le Groupe d'experts en mesures de santé publique (GE-MSP) a élaboré le présent document avec l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) pour soutenir les autorités de santé publique au niveau F/P/T et local dans l'éventualité où un cas humain de la MVE ou une personne ayant été en contact étroit avec un cas de MVE est découvert sur leur territoire. Le but du (GE-MSP), qui est composé de personnes sélectionnées qui sont reconnus en tant experts dans le domaine des stratégies de contrôle de la maladie, est de fournir un forum pour de discussion relatives à la prévention, le contrôle et l'atténuation de la propagation des maladies infectieuses, y compris les maladies infectieuses émergentes, dans la communauté.

Au moyen d'une approche d'évaluation des risques, le présent document fournit des conseils concernant la gestion des contacts symptomatiques et asymptomatiques dans la collectivité. Comme pour toute directive, le jugement clinique demeure essentiel et cela, en plus des politiques juridictionnelles, peut aboutir à des décisions qui diffèrent des recommandations émises dans le présent document. Les directives se rapportant aux tests en laboratoire/sur les spécimens; aux soins cliniques; aux mesures de Prévention et de contrôle des infections (PCI) dans d'autres milieux (c.-à-d. les points d'entrée canadiens, les milieux de soins, les milieux de soins préhospitaliers, les moyens de transport de passagers et les cabines d'avion) sont traitées dans d'autres directives.

Au-delà de la portée de ce document, se trouvent des exigences s'adressant aux :

Contexte

Bien que le risque de contracter la MVE au Canada soit considéré comme très faible, il est possible que l'apparition d'un petit nombre de cas liés à la flambée qui sévit dans les pays d'Afrique touchés par la MVE survienne. Il est prévu que les autorités de santé publique à tous les échelons (F/P/T et locale) soient impliquées dans la prise en charge des cas et des contacts de la MVE. Les activités de santé publique visent l'identification rapide des cas de MVE et la mise en œuvre subséquente de mesures permettant la prise en charge des cas et des contacts de la MVE afin de prévenir la propagation.

Des définitions nationales de cas de la MVE ont été élaborées. Les données publiées sur la MVE sont relativement limitées; cependant, alors que davantage de de cas surviennent, les autorités de santé publique canadienne profitent de chaque occasion pour apprendre de ces expériences afin d'ajuster les pratiques recommandées au Canada, si nécessaire.

L'ASPC travaille étroitement avec ses partenaires nationaux et internationaux pour repérer et suivre l'activité de la MVE dans le monde et évalue les risques de la MVE au Canada de façon constante. On peut trouver des comptes à jour des cas et d'autres informations sur les flambées qui sévissent actuellement en Afrique occidentale sur le site Web de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Épidémiologie de la MVE

La MVE est une maladie virale aiguë grave caractérisée par l'apparition soudaine de fièvre, de fatigue, de douleurs musculaires et de céphalées sévères, suivis d'une irritation de la gorge, de vomissements, de diarrhée, et parfois d'une éruption maculopapuleuse.Note de bas de page 2 Des symptômes hémorragiques peuvent également survenir au cours des stades plus avancés de la maladie.Note de bas de page 3 Il n'existe aucune prophylaxie, aucun traitement ou aucun vaccin homologué contre la MVE; les personnes atteintes doivent être hospitalisées pour recevoir des soins de soutien et être soumises à des mesures strictes de gestion de la PCI.

Incubation

La période d'incubation de la MVE varie de 2 à 21 jours; les personnes atteintes de la MVE ne sont pas contagieuses durant la période d'incubation lorsqu'elles ne présentent pas de symptôme.Note de bas de page 4 Note de bas de page 5

Mode de transmission

La MVE est transmise par le contact direct (surface cutanée non-intacte ou des membranes muqueuses) c.-à-d. en touchant le sang ou autres liquides corporels (ex. : selles, urine, vomissement, salive, sueur, lait maternel et sperme) d'une personne atteinte, d'un cadavre ou d'un animal; et par contact indirect en touchant des surfaces et des matières (ex. : seringues) contaminées par du sang ou des liquides corporels d'une personne ou d'un animal atteint.Note de bas de page 2 La MVE ne se transmet pas d'humain à humain par voie aérienne ou par interactions occasionnelles. Partager un espace avec des places assises dans un moyen de transport public ou être assis dans la même salle d'attente, mais sans qu'il y ait un contact direct ou indirectNote de bas de page 6 sont des exemples d'interactions occasionnelles.

Les cas de MVE ne sont pas considérés comme contagieux avant l'apparition des symptômes, mais la contagiosité augmente avec l'augmentation de la charge virale qui correspond à l'aggravation de la maladie et les cas restent contagieux aussi longtemps que le virus demeure dans le sang et les liquides corporels.Note de bas de page 5 Cette période comprend la période suivant le décès; le cadavre d'une personne qui est décédée de la MVE est très contagieux. Des directives concernant la manipulation des corps de patients décédés de la MVE sont offertes par le Groupe de travail d'experts en prévention et en contrôle des infections : Conseils relatifs aux mesures de prévention et de contrôle pour la maladie à virus Ebola dans les milieux de soins.

Convalescence

Chez les cas qui survivent, la fièvre persiste plusieurs jours, et l'état de la personne s'améliore généralement aux alentours du sixième au onzième jourNote de bas de page 7. Cependant, la convalescence est longue et s'accompagne souvent de séquelles comme la myélite, l'hépatite récurrente, la psychose ou l'uvéite.Note de bas de page 5 Lors de la convalescence, le virus Ebola peut demeurer dans certains liquides corporels durant des semaines ou des mois (ex. : le sperme, l'urine et le lait maternel)Note de bas de page 8 Note de bas de page 9 Note de bas de page 10 Note de bas de page 11. La transmission de la MVE par contact sexuel peut survenir durant la phase aiguë et possiblement la phase de convalescenceNote de bas de page 12.

Prise en charge par la santé publique des cas confirmés, des personnes faisant l'objet d'une enquête ainsi que des personnes en convalescence

Le rôle de la santé publique dans la détection et la prise en charge de la MVE comporte plusieurs facettes et comprend l'identification précoce des cas et des contacts au moyen de la surveillance, de la recherche de contacts, de l'éducation du public et des professionnels en soins de santé et de la participation aux activités de communication.

Cas confirmés

Il est entendu que les cas confirmés de MVE seront hospitalisés pour offrir une prise en charge appropriée de la maladie et garantir une isolation efficace. Il est conseillé que la santé publique communique quotidiennement avec le personnel de l'hôpital pendant la durée de l'hospitalisation d'un patient afin de surveiller le progrès de la maladie et d'être impliquée de façon active dans la planification du congé.

Personnes faisant l'objet d'une enquête

La définition nationale des cas pour une personne faisant l'objet d'une enquête (PFOE).

Lors de l'évaluation d'une personne présentant des symptômes possiblement liés à la MVE, les professionnels de la santé et de la santé publique doivent évaluer le risque épidémiologique que représente la personne, incluant ses antécédents de voyage dans un pays touché par une propagation à grande échelle de la MVE ou de contact avec une personne présentant les symptômes de la MVE dans les 21 jours suivant le début des symptômes.

Cas de convalescence

La convalescence de la MVE est longue et s'accompagne souvent de séquelles comme la myélite, l'hépatite récurrente, la psychose ou l'uvéite. Durant la convalescence, le virus Ebola peut demeurer dans certains liquides corporels durant plusieurs semaines ou plusieurs mois (ex. : sperme, urine et lait maternel). La transmission de la MVE par contact sexuel peut survenir durant la phase aiguë et possiblement la phase de convalescence.Note de bas de page 12

La collaboration entre les autorités locales de santé publique et le personnel de planification des congés de l'hôpital concernant la planification des congés est essentielle. Lorsqu'un cas de MVE reçoit son congé de l'hôpital, il est important qu'il reçoive de l'information et des conseils utiles concernant les séquelles liées à la maladie et les mesures de prévention de la transmission à d'autres personnes durant la période de convalescence.

Principaux points clés à aborder

  • fournir des instructions concernant tout suivi médical qui pourrait être nécessaire;
  • fournir des informations sur la possibilité de transmission sexuelle de la MVE;
    • recommander à l'individu de s'abstenir de toute relation sexuelle ou d'adopter des pratiques sexuelles à moindre risque en utilisant correctement et de façon systématique des préservatifs jusqu'à ce que le sperme teste négatif à deux reprises;
    • recommander de tester un échantillon de sperme soit 3 mois après l'apparition de la maladie, puis, pour ceux dont le test est positif, tous les mois par la suite jusqu'à ce que les résultats des tests soient négatifs à deux reprises, avec un intervalle d'une semaine entre les tests. Veuillez- vous référer aux directives de l'Agence sur l'analyse de spécimens du virus Ebola pour la MVE pour les  informations spécifiques aux échantillons concernés;
    • si les tests d'échantillon de sperme ne sont pas complétés, recommander l'abstention ou l'adoption de pratiques sexuelles protégées pendant au moins 6 mois après l'apparition des symptômes. Cet intervalle peut être modifié à mesure que des informations supplémentaires seront disponibles sur la prévalence du virus Ebola dans le sperme des survivants. Consultez des informations supplémentaires
  • recommander que l'allaitement soit cessé jusqu'à ce que le lait maternel soit confirmé négatif pour le virus Ebola.

Prise en charge des contacts par la santé publique

Un contact est une personne qui a été ou pourrait avoir été exposée à un cas (un cas confirmé ou une personne faisant l'objet d'une enquête), à un liquide corporel d'un cas ou à un environnement contaminé par un virus Ebola.
Les buts de la recherche des contacts sont les suivants :

  • Identifier le plus rapidement possible toute personne contacte montrant des symptômes.
  • Faciliter les tests de diagnostic en laboratoire et le traitement rapides.
  • Réduire le risque de transmission à d'autres personnes.

Recherche des contacts

Si un cas confirmé de MVE est découvert au Canada, les autorités de santé publique locales commenceront la recherche des contacts. Si une personne faisant l'objet d'une enquête (PFOE) est découverte, il est prévu que les autorités de santé publique émettent l'hypothèse clinique et épidémiologique que la PFOE est atteinte de la MVE pour évaluer le besoin de commencer la recherche des contacts.

Aux fins de la recherche de contact, les facteurs suivants sont pris en considération :

  • la période de contagion et la contagiosité;
    • seuls les individus symptomatiques peuvent transmettre la maladie;
    • la contagion commence lorsque les symptômes apparaissent;
    • les données montrent qu'au début des symptômes de la MVE, le risque de transmission est faible;Note de bas de page 13
    • les individus deviennent plus contagieux avec les symptômes des stades avancés de la maladie comme la diarrhée, les vomissements ou les saignements qui signifient que la charge virale est plus importante.
  • la nature du contact : la transmission survient seulement par contact direct avec un cas confirmé de MVE ou leur sang/liquides corporels, incluant les personnes décédées, ou par contact indirect avec des objets contaminés par du sang ou des liquides corporels.
  • la période d'incubation (2 à 21 jours) détermine la durée nécessaire du temps de suivi du contact.

Évaluation des risques des contacts

Tous les contacts d'un cas confirmé doivent être évalués par la santé publique pour leur risque d'exposition et pour déterminer les recommandations de santé publique appropriées. Pour faciliter les recommandations de santé publique, les contacts sont classés en fonction du risque de leur exposition, soit une exposition à risque élevé ou une exposition à faible risque.

Les contacts qui constituent une exposition à risque élevé comprennent :

  • Le fait de vivre dans la même maison et avoir des contacts directs avec un cas confirmé présentant des symptômes de la MVE tels que laver l'individu ou aider l'individu pour ses besoins, etc.
  • Les contacts directs avec un cas confirmé présentant des symptômes de la MVE, ses liquides corporels, son cadavre, ou toute autre source du virus Ebola sans suivre les PCI recommandées.
  • Les contacts sexuels avec un cas de la MVE en phase aiguë ou en phase de convalescence dans les 24 semaines suivant le début des symptômes.

Les contacts qui constituent une exposition à faible risque comprennent :

  • Le fait de vivre dans la même maison qu'un cas, mais sans avoir eu de contact direct avec lui; ou
  • Le fait d'avoir des interactions occasionnelles et aucun contact direct avec un cas de la MVE ou ses liquides corporels. Partager un espace avec des places assises dans un moyen de transport public ou être assis dans la même salle d'attente sont des interactions occasionnelles.

Gestion des contacts

Le but de la gestion des contacts est de surveiller un individu chez qui des symptômes de la MVE risquent d'apparaître et de minimiser le risque de la transmission aux autres. Les directives de la santé publique pour la gestion des contacts dans les collectivités canadiennes sont décrites ci-dessous et un algorithme de soutien se trouve dans l'Algorithme : Prise en charge par la santé publique des cas de maladie du Virus Ebola et de leurs contacts dans la collectivité au Canada.

Il est convenu que les autorités de santé publique pourraient avoir besoin de renforcer ou d'adapter les recommandations pour mieux gérer diverses situations comme une situation de non-conformité et un risque potentiel pour le public; de plus, en de rares occasions, l'autorité de santé publique peut choisir de mettre en œuvre des mesures de quarantaine ou d'émettre une ordonnance en vertu d'une loi pertinente de la santé publique provinciale/territoriale afin d'obliger une personne à se conformer aux instructions.

Recommandations pour tous les contacts de la MVE sans symptômes, avec des expositions à faible risque ou à risque élevé

Durant la période de 21 jours suivant le dernier contact potentiel avec la MVE, il est recommandé que tous les contacts de la MVE peu importe le risque de leur exposition :

  • soient surveillés activement par la santé publique afin que leurs symptômes soient vérifiés et qu'ils reçoivent des conseils;
  • s'autosurveillent pour les symptômes de la MVE; incluant la vérification de la température orale deux fois par jour et la consignation des résultats qu'ils rapportent à l'autorité de santé publique tel qu'indiquer (voir le Formulaire de consignation de la température pour les contacts du virus Ebola);
  • soient prêts à s'isoler immédiatementNote de bas de page 14 et à contacter l'autorité publique pertinente si des symptômes associés à la MVE apparaissent;
  • informent tous les professionnels de la santé qu'ils côtoient, incluant les services paramédicaux, de leur exposition possible à la MVE;
  • tentent d'éviter les médicaments qui sont connus pour faire baisser la fièvre (ex. : acétaminophène, ibuprofène, acide acétylsalicylique) puisque ces médicaments pourraient masquer un symptôme précoce de la MVE; informent l'autorité de santé publique si des médicaments de ce type doivent être pris;
  • repoussent les visites médicales et les procédures non urgentes (ex. : visite dentaire non urgente, examens sanguins non urgents);
  • ne donnent pas de sang ou tout autre liquide ou tissu corporel;
  • aient de bonnes pratiques d'hygiène respiratoire et d'hygiène des mains; et
  • signalent toute intention de voyage à l'extérieur du territoire à l'autorité de santé publique.

Recommandations supplémentaires pour les contacts sans symptômes qui ont eu une exposition à risque élevé

En plus des recommandations pour tous les contacts de la MVE, il est recommandé que les individus ayant eu une exposition à risque élevé avec la maladie :

  • demeurent près d'un centre de soins actifs (c.-à-d. à moins d'une heure de route, si possible, afin de faciliter le transfert rapide vers le centre) où des soins médicaux pour lesquels des mesures de PCI appropriées peuvent être mises en place; optent pour un centre désigné pour le traitement de la MVE si possible;
  • évitent les endroits publics (ex. : épiceries, centres commerciaux; cliniques médicales; écoles; funérailles; congrégation religieuse);
  • évitent de voyager avec les transports publics/commerciaux (ex. : autobus, train, taxi, avion);
  • limitent davantage les contacts avec les autres (ex. : quarantaine) si approprié à la suite de l'évaluation individuelle des risques;
  • limitent ou évitent les contacts avec les animaux.

Recommandations pour les contacts chez qui des symptômes associés à a la MVE sont apparus

Si des symptômes associés à la MVE apparaissent chez un contact, les autorités de santé publique vont :

  • prévoir, conformément aux protocoles P/T, une évaluation médicale pour l'individu dans un centre de soins actifs (un centre désigné pour le traitement de la MVE, s'il est situé à proximité de l'individu) afin de confirmer qu'il s'agit de la MVE ou d'exclure la maladie. Il est recommandé que l'individu ne prenne pas les transports publics (autobus, train, taxi) pour se rendre au centre. Selon la nature/gravité des symptômes et la proximité du centre, l'individu peut prendre son propre véhicule pour se rendre à l'hôpital et ainsi éviter les contacts directs avec les autres ou peut prendre une ambulance pour se rendre à l'hôpitalNote de bas de page 15. Il est important de s'assurer que les services paramédicaux (s'il y a lieu) et le centre de soins actifs concernés soient informés de la présence de symptômes associés à la MVE à l'avance pour s'assurer que les mesures PCI appropriées soient mises en place lors du transport et avant l'arrivée au centre de soins actifs.
  • informer l'individu qu'il doit :
    • s'isoler immédiatement des autres (conserver une distance de 2 mètres, aucun contact physique), s'il ne l'est pas déjà;
    • se laver les mains, surtout après avoir vomi ou fait ses besoins;
    • s'assurer que les autres n'entrent pas en contact avec son corps ou ses liquides corporels (notamment l'urine, les selles, les vomissements, la salive, la sueur et le sperme) et qu'ils n'entrent pas en contact avec un objet souillé avec leur sang or des liquides corporels (ex. : draps, vêtements, toilette ou articles de toilette). Consultez les Gestion des déchets associés à la maladie à virus Ebola à la maison ou ailleurs Mesures de prévention et de contrôle des infections pour la gestion des déchets associés à la maladie à virus Ebola à la maison ou ailleurs pour la gestion des déchets associés à la MVE.

L'urine, les matières fécales et les vomissures peuvent être éliminés dans le réseau d'égouts, ou conformément aux règlements municipaux/régionaux.Note de bas de page 16 Note de bas de page 17

Recommandations de santé publique pour des groupes et des milieux communautaires particuliers

Les stratégies de contrôle de la MVE orientées sur la collectivité doivent être considérées dans le contexte actuel d'épidémiologie de la maladie ainsi que les données concernant les mesures de santé publique efficaces. La probabilité de la transmission de la MVE d'une personne à une autre dans la collectivité dépend de la nature et du moment de l'exposition (directement de l'individu atteint ou de ses liquides corporels alors qu'il est symptomatique).

Étant donné la profusion de mesures de précaution mises en œuvre pour tous les contacts potentiels de la MVE comme décrites plus tôt, le risque encouru par les autres à la suite d'interactions occasionnelles est considéré comme très faible et il est donc peu probable que la transmission de la MVE survienne en milieu public comme les écoles, les centres commerciaux, les épiceries ou les congrégations religieuses au Canada. Les autorités de santé publique doivent continuellement évaluer le potentiel du risque de transmission de la MVE au sein de la collectivité et communiquer les conseils pertinents en matière de prévention de la maladie, lorsque nécessaire.

Algorithme : Prise en charge par la santé publique des cas de maladie du Virus Ebola et de leurs contacts dans la collectivité au Canada

Description de l'algorithme

Cet algorithme décrit le processus pour la prise en charge par la santé publique des cas de maladie à virus Ebola (MVE) dans la collectivité au Canada. Il commence lorsqu'un cas de maladie à virus Ebola est détecté au Canada avec la détermination subséquente des contacts du cas.

Les conseils que contient cet algorithme doivent être lus conjointement avec son document principal Directive provisoire : prise en charge par la santé publique des cas de la maladie à virus Ebola et de leurs contacts en lien avec la maladie à virus Ebola dans la collectivité au Canada et les lois, politiques et règlements fédéraux, provinciaux, territoriaux et locaux pertinents. Les mesures recommandées ne doivent pas être considérées comme des normes rigides, mais bien des principes et des recommandations visant à guider l'élaboration de lignes directrices.

Étape 1

Il s'agit d'un point de décision. Une fois que les contacts ont été déterminés, la question suivante doit être posée : Est-ce que le contact a des symptômes associés à la MVE?

Étape 2

Si la réponse à la question à l'étape 1 est « OUI », le processus de prise de décision continue jusqu'à l'étape 5 et ces recommandations s'appliquent :

  • La personne est informée immédiatement afin qu'elle s'isole et se tienne à une distance de deux mètres des autres personnes.
  • Recommander aux autres personnes de la maison de ne pas toucher les linges/déchets qui pourraient être contaminés par du sang ou des fluides corporels de l'individu possiblement atteint de la MVE jusqu'à ce que la MVE soit exclue.
  • Assurer un transport approprié vers un centre de soins de santé approprié (aucun moyen de transport public).
  • S'assurer que les Services paramédicaux (s'il y a lieu) et le centre de soins actifs qui accueille l'individu sont informés à l'avance de la présence de symptômes associés à la MVE.
  • S'assurer que les partenaires de la santé publique appropriés sont identifiés.

Étape 3

Il s'agit d'un point de décision. Un test de diagnostic de la MVE est effectué.

Étape 4

Si la MVE est confirmée, entreprendre un cycle de recherche de contacts pour ce cas.

Étape 5

Si le test de diagnostic de la MVE est négatif, poursuivre la surveillance jusqu'à la fin de la période de surveillance de 21 jours.

Étape 6

Il s'agit d'un point de décision. Si la réponse à la question à l'étape 1 est « NON », mener une évaluation de l'exposition et du risque clinique pour déterminer si le contact a eu une exposition à faible risque ou une exposition à risque élevé.

Étape 7

Facteurs à déterminer s'il y a eu un faible risque d'exposition :

  • Vivre dans la même maison, mais sans avoir eu de contact direct avec le cas ou
  • Avoir seulement des interactions occasionnelles et aucun contact direct avec le cas de MVE ou ses liquides corporels. Partager un espace avec des places assises dans un moyen de transport public ou être assis dans la même salle d'attente, mais sans contact direct ou indirect sont des exemples d'interactions occasionnelles.

Étape 8

Facteurs à déterminer s'il y a eu un risque élevé d'exposition :

  • Vivre dans la même maison qu'un cas symptomatique de la MVE et avoir des contacts directs avec ce dernier, comme laver l'individu, nettoyer des vomissures, aider l'individu avec ses besoins.
  • Avoir un contact direct avec un cas confirmé ayant des symptômes de la MVE, avec ses liquides corporels, son cadavre ou toute autre source connue du virus Ebola (p. ex. ses spécimens de laboratoire) sans suivre les précautions de prévention et contrôle des infections recommandées, y compris le choix et l'utilisation d'un équipement de protection individuelle approprié.
  • Avoir un contact sexuel avec un cas de la MVE en phase aiguë ou en convalescence.

Étape 9

Il s'agit d'un point de décision. Une fois que le niveau de risque d'exposition a été déterminé, la prise en charge du contact avec la MVE doit être mise en œuvre.

Étape 10

Pour tout contact avec la MVE (expositions à faible risque et à risque élevé), il est recommandé que les contacts procèdent comme suit :

  • S'autosurveiller deux fois par jour et recevoir une surveillance active de la santé publique.
  • S'isoler immédiatement si des symptômes associés à la MVE apparaissent et en informer l'autorité de santé publique et les professionnels de la santé.
  • Si possible, éviter les médicaments qui sont connus pour faire baisser la fièvre et informer l'autorité de santé publique si des médicaments de ce type doivent être pris.
  • Repousser les visites médicales et les procédures non urgentes.
  • Ne pas donner de sang ou tout autre liquide ou tissu corporel.
  • Avoir de bonnes pratiques respiratoires et d'hygiène des mains.

Étape 11

Recommandations supplémentaires pour les contacts avec exposition à risque ÉLEVÉ :

  • Demeurer près d'un centre de soins actifs (c.-à-d. à moins d'une heure de route, si possible, afin de faciliter le transfert rapide vers le centre) où des soins médicaux pour lesquels des mesures de prévention et contrôle des infections appropriées peuvent être mises en place. Opter pour un centre désigné pour le traitement de la MVE si possible.
  • Éviter les endroits publics.
  • Éviter de voyager avec les transports publics/commerciaux.
  • Limiter davantage les contacts avec les autres si approprié à la suite de l'évaluation individuelle des risques.

Étape 12

Il s'agit d'un point de décision. La question doit être posée : Y a-t-il eu apparition de symptômes associés à la MVE durant la période de surveillance de 21 jours?

Étape 13

Si la réponse à la question à l'étape 12 est « NON », la recommandation est de laisser le patient partir.

Étape 14

Si la réponse à la question à l'étape 12 est « OUI », le processus de prise de décision pour les étapes 2, 3, 4 et 5 s'applique.

Outils et gabarits

Pour soutenir le suivi des contacts fait par la Santé publique, les outils et modèles suivants sont joints au présent document :

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